Interview :
Cheikh Lakhder Kesri raconte son parcours

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« Ecrivez et apprenez le Malouf correctement, pour que cet héritage précieux sera bien réservé pour les générations à venir, car le Malouf ce n’est pas un genre de chant seulement, c’est de l’astronomie, de la science naturelle, il y en a pleins d’exemples à citer, mais je choisis celle qui me tienne à cœur ‘’ Chems El Achia fi Sabah ’’et ‘’ Rit Al Qamar Qad Ghez ‘’.Si vous vous plongez dans le sens de chaque mot, vous saurez qu’on ne chante que de la positivité, on parle de l’amour, de la nature, des fleurs et du printemps. Mon vœu c’est que cette bonne culture sera comprise et répartie dans chaque coin où la vie existe », a dit l’un des artistes de la musique d’El-Malouf Annabi Cheikh Lakhdar Kesri, après une longue période de chaos professionnel, dont il a fait face durant la période Post-Covid.

Qui est Cheikh Lakhdar Kesri ?

Il n’y a pas lieu de le présenter car Cheikh Kesri est l’une des personnalités les plus demandée quand il est question de fêtes ou d’événements culturelles. Cependant pour ancrer son histoire dans notre quotidien, on a eu un entretien avec M. Kesri, afin que ce reportage soit vivant.

Cheikh Kesri : Je suis né le 04 janvier 1952, natif de la ville d’Annaba, dans un quartier populaire Beni Mhafer. On était mitoyens moi et Hamdi Benani, paix à son âme, car son grand père Mohamed Cherif était notre voisins.

Quant-est-ce que vous avez découvert votre talent de chanteur ? Et pourquoi avez-vous choisi le Malouf spécifiquement ?

La nostalgie…Le papa avait un café sur la place du théâtre en 1964. On avait un tourne-disque et les disques qu’on possédait étaient ceux de Fergani et Hacene El Annabi. Je me rappelle bien qu’à cette époque-là j’avais 12 ans. Ma chanson préférée et que j’écoutais souvent c’est « Hadha jesmi feni min hawaki ». On peut dire que c’était la raison de mon inspiration, je me suis découvert à travers ça. Je me rappelle aussi que j’avais commencé à jouer à une guitare que j’avais moi-même fabriqué, avec un petit seau, une manche en bois, une visse et un seul fil.

Vos 15 ans étaient plus ou-moins votre lancement d’une manière officieuse…Racontez-nous ces souvenirs ?

Oui ! C’était en 1967, je me suis introduit dans un petit orchestre, où j’avais chanté la chanson dont j’avais toujours un coup de cœur « Hadha jesmi feni min hawaki ». A cet âge j’avais acheté ma première guitare, en faisant un peu d’économie, j’avais précisément 50 DA. Cela m’a permis d’acheter une à 45 DA…Une belle guitare quoi ! J’ai appris à la manipuler comme un pro, juste un mois après.

Votre première montée sur scène ? Et ce qui l’avait suivi…

Ah ! Les années 1974 ‘’ Ma première apparition sur la scène théâtrale, j’avais 22 ans. J’ai fais mon premier orchestre. A cette époque il y avait Ben Aissa comme directeur du Théâtre, c’était un Kabyle, un homme de bonté. D’ailleurs c’était grâce à lui que je suis passé à la télévision. Mon passage était avec lui, avec Thelja une bonne chanteuse de Bedoui, aussi avec Guerouabi,… Paix à leurs âmes. Aussi, il y avait AbdelKader Kessour de Blida, il chantait Châabi. C’était là qu’on m’avait découvert. J’avais chanté « Mir El-Qalb », ce qu’on appelle El-Mahjouz. Parce qu’il y a plusieurs types de chant, tels que El-Hawzi qui est local, genre de Tlemcen, Alger,…Il y a aussi Laâroubi, comme «Dhalma», c’est une chanson qui a été composée les années 800, écrite par Hani Ben Guenoun. Toutefois, une année après ma première apparition sur scène, il était question de la production de mes deux premiers disques, à savoir, «Derhem» et «Mahjouz» après 45 jours. 12 ans après ce bon parcours, j’ai produit ma première cassette.

Pensez-vous que les festivals du Malouf ont une importance pour cette musique ?

Bien sûr ! Car une personne qui s’introduit dans ce domaine peut étaler ses connaissances à travers ce genre d’événements et elle peut se prouver, parcequ’aux mariages notre liste de chanson de Malouf est limitée, vu que les femmes préfèrent des chansons qui les font danser derrière le rideau, par contre durant les festivals, les  chanteurs peuvent s’imposer avec de belles chansons.  Personnellement j’ai participé au festival Mondial à Constantine en 2010, aussi au festival de Constantine capitale de la culture Arabe.

La période Post-Covid, comment était pour vous, personnellement et professionnellement ?

C’était le chaos, j’avais sept fêtes de mariages à animer en 2020, mais toutes étaient annulées. Aujourd’hui on peut dire que c’est la reprise, au Ramadhan j’ai animé deux soirées privées et une au Palais de la culture.

En tant que chanteur, comment voyez-vous le développement culturel, ces dernières années ?

Le développement culturel à Annaba est dans la moyenne…il y a une catégorie de cette nouvelle génération qui s’intéresse au Malouf et apprennent le Malouf et le préserve aussi, tel qu’un jeune qui travaille avec moi de temps en temps ‘’ Karim Kheder ’’. Il y a une pépinière qui va sortir, à l’exemple de Kamel le fils de Hamdi Benani.

Des nouveautés à nous faire apprendre ?

Je suis entrain de rédiger, d’ailleurs Kamel Benani, je lui avais donné cinq chansonnettes que j’avais écrites dernièrement. L’inspiration me vient quand je serai énervé ; d’ailleurs Kamel m’appelle de temps en temps et me dis « Cheikh t’es pas énervé aujourd’hui, pour m’écrire quelque chose ». J’ai eu aussi une promesse de la part de Abed El-Hamid le directeur de l’office culturel que le 4 ou le 5 juillet je serais dans leur programme.

Un message que vous voulez incarner dans la mémoire de cette nouvelle génération, surtout ceux qui s’intéressent au Malouf…

Simplement, je répète la phrase de Cheikh Darssouni «Le Malouf, il faut se sacrifier, pour le maintenir juste, pour les générations à venir».  Le Malouf et le Châabi ne partiront jamais car c’est le patrimoine. Je souhaite que l’année soit riche en soirée pour tout le monde.

 

 

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