Pression sur les CHU :
Nécessité d’un renforcement des structures de proximité

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Selon Abderrahmane Benbouzid, ministre de la santé, 70% des malades convergent vers les centres hospitalo-universitaires. La plupart d’entre eux ne souffrent pas de pathologies graves nécessitant des soins intensifs ou d’intervention chirurgicale lourde. Ce sont des patients qui auraient pu être pris en charge sas aucun problème dans les centres de santé ou polycliniques.

Pour le ministre les CHU n’ont pas vocation à traiter des maladies bénignes, des blessures légères, entorses ou autres « bobos ». Ces hôpitaux sont d’abord réservés à la formation de futurs médecins et à des interventions de maladies compliquées exigeant une médecine spécialisée. Ils sont aussi les endroits qui disposent d’une technologie de pointe concernant la détection mais également au niveau des interventions chirurgicales qui exigent un matériel de pointe. On ne peut utiliser ce genre d’atouts pour n’importe quoi. Alors la seule solution pour le ministre consiste à se diriger autant que possible vers les structures de santé de proximité. Le ministre convient toutefois que ces établissements sanitaires sont mal gérés et qu’il y a aujourd’hui un effort constant de la part du ministre dont il a la charge pour amener ces structures à un niveau appréciable concernant l’accueil des malades en dotant ce genre d’établissements d’appareils de détection comme la radiographie et les scanners. De plus a souligné M. Benbouzid il nous faut former davantage de paramédicaux qui sont des assistants précieux des médecins en titre. Les programmes de formation doivent être revus et adaptés aux progrès réalisés par la médecine à travers le monde. Le professeur Benbouzid a également mis l’accent sur la multiplication de services d’urgences dans les établissements sanitaires de proximité, ceci, a-t-il dit, pour désengorger la médecine urgentiste des CHU laquelle ne doit accueillir comme patients que des sujets souffrant de pathologies sévères dont la liste est connue. Pour le ministre l’hôpital public et les établissements sanitaires de proximité doivent rivaliser avec les cliniques privées et atteindre un niveau égal ou supérieur de performance car a-t-il souligné l’enjeu social est considérable. Ceux qui n’ont pas d’autre choix que de se diriger vers les établissements publics, y compris les CHU doivent bénéficier des mêmes traitements que ceux qui se dirigent vers les établissements privés. Ceux-ci offrent certes des soins de qualité mais à quel prix ! Ceux des citoyens qui se permettent d’aller se faire soigner dans les cliniques privées paient des factures qui donnent le vertige mais ils ont les moyens, ce qui n’est pas le cas de la majorité des citoyens dont certains tentent le coup en se dirigeant vers ces établissements au prix d’un endettement ruineux pour leur budget familial. C’est aussi le cas des consultations chez des médecins privés, généralistes ou spécialistes qui font payer leurs clients des sommes astronomiques pour généralement des soins prodigués gratuitement dans les établissements publics. À ce propos le ministre a déclaré que son département est en train de réfléchir sérieusement à une tarification unique des consultations dans la médecine privée. Cela se fera a-t-il dit dans la concertation et les décisions prises en ce sens ne seront pas arbitraires mais seront le fruit d’un compromis acceptable pour les deux parties, à savoir l’État et la corporation des médecins libéraux. Il reste néanmoins beaucoup à faire dans le domaine sanitaire réservé au public et cela exige un contrôle permanent dans la manière de gérer ces établissements mais également un encouragement de la part de l’État des médecins et paramédicaux en leur offrant des conditions de travail souhaitables et surtout une amélioration de leurs salaires en y indexant des primes de performance. C’est à ce prix que nos hôpitaux et nos polycliniques pourront répondre à une demande citoyenne de soins de qualité.

 

 

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