Crime de guerre ou contre l’humanité ?:
Le 17 octobre 1961 au centre des débats

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Ce qui s’était passé dans la soirée du 17 octobre 1961 à Paris ressemble, toutes proportions gardées aux actions des «Eisengroupen» nazis chargés d’exécuter sommairement les juifs, gitans et tziganes en les jetant après dans des charniers. Sauf qu’au cours de cette soirée ce sont ce qu’on appelait à l’époque «gardiens de la paix» français qui avaient répété les mêmes actions que ces « Eisengroupen ».

Celui qui était aux commandes ce n’était pas Heydrich l’adjoint d’Himmler mais Maurice Papon, préfet de police de Paris. Cet administrateur zélé du régime de Vichy, qui avait été également préfet de Constantine était un anti sémite convaincu bien qu’il ait toujours caché son aversion pour les juifs mais il était surtout  un anti-arabe qui ne le cachait nullement car il détestait nos compatriotes très nombreux qui habitaient la région parisienne dans des bidonvilles qu’on peut qualifier de ghettos, comme ceux de Varsovie et encore car ceux de la capitale polonaise c’était au moins du bâti et non des baraques recouvertes de tôle et ne disposant d‘aucun réseau d’évacuation d’eaux usées . Des milliers d’Algériens travaillant durement rentraient le soir exténués dans ces endroits immondes qui ressemblaient aux cases d’esclaves nègres au temps de l’esclavage. Maurice Papon réagissant à une série d’attentats commis par la résistance FLN à Paris imposa alors un couvre-feu indéterminé à partir de 20 heures à tout algérien vivant dans la capitale française. Refusant de s’y plier nos compatriotes bravèrent alors ce couvre-feu et sortirent manifester pacifiquement à Paris. C’est alors que Maurice Papon se saisissant de son téléphone donna ordre à tous les officiers de police en uniforme ou en civil de commander à leurs agents de donner libre cours à une répression féroce. Matraquage, bastonnade, et tirs à bout portant dans des endroits isolés. Et cela ne s’arrêta pas là car on donna l’ordre à ces fameux « gardiens de la paix » d’emmener tous ces manifestants dans les « paniers à salade » et tout fourgon de la police. En cette occasion des bus de la RATP avaient même été réquisitionnés pour embarquer des centaines d’Algériens dans des centres de regroupement où ils furent matraqués sans retenue par ces policiers en uniforme convulsés de rage et de haine. Certains fourgons de la police prirent la route menant aux traverses de la Seine et là ils jetèrent, un par un, les embarqués algériens dans le fleuve en crue en cette période automnale et dont les eaux profondes étaient excessivement froides. Tous ceux qui furent jetés dans la Seine périrent immédiatement. On repêcha leurs corps plus tard et on enterra ceux-ci dans une fosse commune dont on ignore jusqu’à présent où celle-ci est située. Le lendemain de ce qui ressemblait à s’y méprendre à un génocide, la préfecture de Paris annonça son bilan : Trois morts et une centaine de blessés. Un chiffre qu’il faut multiplier par cent. Aucune mention n’est faite sur le drame de la Seine. Papon était satisfait et De Gaulle pourtant avisé par la DST à l’époque de ce qui s’était réellement passé au cours de cette soirée du 17 octobre décida de passer sous silence ce crime de guerre que nous pouvons qualifier de crime contre l’humanité car il s’agissait de civils innocents qui manifestaient pacifiquement. Plus tard le génocidaire Maurice Papon au cours d’un procès pour crime contre l’humanité perpétré contre les juifs en 1942 mais aussi contre les Algériens en 1961 fut certes, condamné mais ne séjourna pas en prison. Il mourut de sa belle mort chez lui entouré des siens. Certes son nom est honni mais il n’a jamais été reconnu coupable ni de crime de guerre ni de crime contre l’humanité et l’énigme reste entière aujourd’hui concernant le silence de l’État français concernant cette tragédie laquelle quarante années plus tard fut enfin officiellement reconnue mais les termes de crimes de guerre et de crime contre l’humanité n’ont jamais été prononcés ni par François Hollande ni par Emmanuel Macron, tous deux ayant assisté à la commémoration du souvenir de cette horrible soirée. Ce qui s’était passé ce 17 octobre 1961 doit impérativement être révélé sans cacher aucun détail. Cette vérité on la doit à ces centaines de victimes algériennes mais aussi au peuple français qui doit savoir ce qui s’était passé au cours de cette soirée de l’horreur et se faire enfin à l’idée que les relents du régime exécrable de Vichy existent encore et dans certains cas ils sont en train de refaire surface.

 

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