Une Session de formation destinée aux présidents d’APC se déroule à Guelma. Il est question de former ces derniers à l’exercice de leurs taches. Cela veut dire que ces élus sont à la tête de communes sans savoir précisément ce qu’ils ont à faire. Ce genre d’exercice est inédit. Il n’existe pas ailleurs dans le monde même dans les pays les plus reculés.
On se demande d’ailleurs pourquoi les citoyens du pays continuent à élire des maires si ces derniers, une fois à leurs postes ne font que de la figuration. C’est sympathique mais ce n’est guère efficace. En fait pourquoi l’État, conscient de cette carence des P/APC, tarde-t-il à réformer profondément ce code communal totalement obsolète et qui ne répond plus depuis des décennies aux exigences du développement local où la commune joue un rôle prédominant. Ceux qui sont à la tête des municipalités ne prennent pas d’initiative. Ils ne font que gérer l’acquis et passent leur temps à organiser des réunions qui n’aboutissent à aucun résultat. En fait ce sont les walis qui remplacent officieusement les maires. On aurait pu gagner un temps précieux en attendant ce nouveau code communal promis en suspendantcarrément les élections locales et en nommant administrativement des gestionnaires des communes selon leurs compétences avérées. Aujourd’hui on est obligé de former des Maires. C’est un redoutable constat d’échec. Il faut impérativement y remédier car s’il faut répéter tous les six ans les mêmes causes conduisant aux mêmes conséquences, il est évident que les communes continueront d’être médiocres. Que ce soit dans les grandes agglomérations, les moyennes ou les petites, les P/APC restent le plus souvent enfermés dans leurs bureaux et ont oublié d’aller sur le terrain pour voir ce qui va ou ce qui ne va pas. Dans la capitale c’est une autre affaire car le gouvernement et les institutions de l’État veillent au grain. Les maires des communes du grand Alger reçoivent les instructions du Maire de la capitale lequel est régulièrement convoqué au palais du gouvernement où on lui dicte ce qu’il doit faire dans telle ou telle commune de la capitale. Néanmoins et il faut insister là-dessus toutes les communes ne sont pas logées à la même enseigne. C’est ainsi qu’Oran, Sidi Bel Abbes, Tlemcen,Mostaganem, plus loin au centre Blida, Tizi –Ouzou,Bejaia et à l’est Sétif,M’Sila, Batna et Biskra s’en tirent plutôt bien. Pourquoi ? Parce que bien que ce soit gênant de le dire, les habitants de ces agglomérations ont toujours empêché toute migration intérieure vers ces villes. Il y a dans ces cités une homogénéisation identitaire et culturelle qui a donné la possibilité aux habitants de ces communes de choisir des maires qu’ils connaissent bien car étant nés dans leurs villes et faisant partie de leur communauté. C’est pour cela que cela fonctionne mieux. Ce qui n’est pas le cas des communes aux populations hétéroclites qui élisent leurs maires selon l’appartenance à telle ou telle appartenance clanique ou tribale. Le cas de la ville d’Annaba illustre parfaitement ce type de dysfonctionnement qui ne fait que se répéter durant des décennies. On a enregistré qu’un seul cas où le maire de cette grande ville y est originaire, c’était au cours des années 80. Il s’agit du défunt Hocine Chekman, natif d’Annaba et qui avait réussi à s’entourer d’une équipe elle-même originaire de cette ville. Les résultats n’avaient pas tardé à se voir. Les habitants ont de suite sentis que ce P/APC allait rendre à Annaba cette coquetterie dont elle s’est toujours prévalue. Malheureusement et à case des magouilles politiciennes dont faisait preuve constamment l’ex parti unique mai aussi à cause de la planification de la population annabie, on a vite fait de l’éliminer en invoquant des prétextes fallacieux pour l’empêcher de continuer son travail de maire. C’est aussi l’exemple, celui-ci récent, de l’ex maire Merad qui faisait un effort visible pour donner à Annaba un cachet qu’elle avait perdu depuis longtemps. Ce président d’APC a lui aussi été victime de manœuvres politiciennes dont le parti FLN est devenu un super champion. En attendant le nouveau code communal lequel paraît –il corrigera les incohérences et l’obsolescence du code actuel il faudra attendre patiemment les nouvelles élections locales. D’ici là il ne faut guère espérer quelque changement dans la gestion de nos communes.
