A compter d’hier se tient un Sommet USA –Afrique. L’initiative vient du président américain, Joe Biden. Ce dernier s’est rendu compte que le continent africain échappe de plus en plus à l’influence américaine et il veut se rattraper, mais il semble qu’il est devancé par les Chinois, les Russes et les Turcs, fortement présents dans ce continent.
Cette présence des trois pays cités dont les raisons ne sont pas les mêmes car les chinois et les turcs visent surtout l’économique, les russes quant à eux investissent dans la présence militaire de manière indirecte comme c’est le cas avec le groupe Wagner. Le président américain veut donc rattraper le coup et il a fait les choses en grand puisqu’il a invité tous les chefs d’États africains, y compris le nôtre qui a délégué le premier ministre Aymen Benabderrahmane à participer à ce sommet, le premier du genre puisque tous les présidents américains ne s’intéressaient qu’à deux pays africains : Le Nigéria et le Kenya, les autres pays sous influence culturelle anglaise ou française ne les ont jamais intéressés. Un sacré retard pour Washington mais aussi pour les ex puissances coloniales qu’étaient l’Angleterre et la France. Comme la nature a horreur du vide, des pays émergents, dont l’un deux, est devenu la puissance économique qui rivalise les USA dans pratiquement tous les continents ont pris la place et ils sont bien reçus. Cela crée de l’appréhension chez l’oncle Sam d’autant qu’avec la guerre qi sévit depuis des mois entre la Russie et l’Ukraine et l’alignement sans retenue des Américains avec l’Ukraine, les Africains affichent leur neutralité vis-à-vis de ce conflit. Les Américains souhaitent que la tendance soit renversée sauf que la plupart des dirigeants africains ne l‘entendent pas ainsi. Ils suivent leurs propres intérêts et il se trouve que ceux –ci convergent vers un partenariat le plus diversifié qui soit et ne veulent pas être l’otage des Américains, sachant que ceux –ci n’ont jamais respecté leurs engagements envers les pays où ils étaient fortement présents. L’exemple de l’Irak, de l’Afghanistan mais aussi de la Syrie est particulièrement édifiant. Les Africains savent aussi que le partenariat économique entre les États –Unis et l’Afrique est un leurre car le fonctionnement de l’économie américaine ne donne aucune possibilité d’interventionnisme étatique. Ce sont les entreprises américaines et particulièrement les multinationales qui mènent le jeu pas la Maison Blanche. Certes Washington peut proposer des aides financières aux pays africains mais une telle aide est toujours conditionnée à un alignement sans réserve aux points de vue américains et cela les Africains ne l’admettront jamais car ils ont compris que l’ancien monde est mort et qu’il a été remplacé par un ordre politico-économique qui ne ressemble à aucun de ce que le monde a connu jusqu’ici. Joe Biden n’a pas l’envergure de changer une situation géopolitique qui lui échappe totalement, tout comme ses alliés européens et ceux du Pacifique alors il fait du marketing mais cela ne trompe personne, surtout pas les Africains dont certains de leurs leaders sont connus pour leur espièglerie. La France en a fait l’expérience ces derniers temps elle qui a toujours été présente sur cette partie ouest du continent. Les Américains veulent changer l’état des lieux. Ils font l’effet d’un éléphant entrant dans un magasin de porcelaine car leur empressement à devenir un protecteur de l’Afrique ne fera que provoquer le contraire. Plus que cela il ne fera que compliquer une situation déjà fort compliquée et finalement ils comprendront qu’ils ont misé sur le mauvais cheval
