Politique étrangère: Les nouvelles orientations du président de la république

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Avec la nomination d’Ahmed Attaf à la tête de la diplomatie étrangère, un changement d’orientation de notre politique extérieure se précise. Celui-ci se réadaptera à la géopolitique actuelle où la prudence mais aussi l’audace auront droit de cité. Ramtane Lamamra n’est plus en mesure d’insuffler le changement auquel font face toutes les diplomaties du monde. Le président l’a compris d’où son remplacement.

Ramtane Lamamra est certes un diplomate chevronné, tous ceux qui ont eu affaire à lui le reconnaissent et louent ses capacités et son sens de la mesure mais il appartient à la vieille école, celle du siècle dernier, or ce nouveau millénaire est différent. Le monde n’est plus ce qu’il était, c’est-à-dire celui du vingtième siècle. Il a totalement changé ses paramètres. Ce 21ème siècle a déjà réservé maintes surprises et on n’est qu’à son premier quart. Il y a d’abord la question du climat qui mobilise toutes les énergies et les innovations indispensables pour rendre notre planète vivable car en ce moment elle ne l’est plus. Il y a ensuite une prolifération de guerres et de conflits qui touchent tous les continents. Cette guerre en Ukraine a redéfini les cartes de la diplomatie mondiale. Son prolongement a mis en exergue la résurgence des nationalismes, jusqu’ici contenus par une idée multilatéraliste qui a démontré son inefficacité. Désormais chaque pays agit selon ses propres intérêts, ce qui est tout à fait opposé au multilatéralisme. Même les États–Unis, la première puissance mondiale est concernée par le retour au nationalisme incarné par l’ex président Donald Trump dont le retour aux commandes n’est pas exclu. La Russie à son tour, longtemps manipulée par l’occident s’est réveillée et ne veut plus être le dindon de la farce. C’est aussi le cas de la Chine qui entend régler à tout prix la question de Taiwan de manière diplomatique ou le cas échéant par la force. L’Europe quant à elle s’est réveillée en se montrant unitaire mais prend conscience que cette unité est soumise à la volonté des États–Unis. L’Afrique qui cherche encore son propre modèle connait de plus en plus de convulsions qu’elle ne peut maitriser. Les putschs militaires se succèdent et les conflits transfrontaliers se multiplient. Le monde arabe, quant à lui, est piégé entre ses intérêts propres et le défi lancé par Israël qui ambitionne d’annexer définitivement toute la Cisjordanie, y compris la ville triplement sainte. Devant de tels chamboulements que connait actuellement le monde dans son ensemble, la diplomatie algérienne a pris la mesure de cette complexité. Certes ses principes concernant sa politique étrangère restent inchangés sans pour autant devenir étanches. Une nouvelle réorientation concernant tous les sujets qui concertent aujourd’hui le monde s’impose donc. Il s’agit d’une réadaptation de notre diplomatie qui doit tenir compte de tout ce qui se passe au niveau du continent africain dont elle fait partie mais aussi au niveau arabe et régional. Ce n’est pas suffisant car le pays doit aussi surfer dans une mer agitée qui le sépare de l’Europe avec laquelle il entretient des relations privilégiées, tout comme il s’efforce de les élever avec la première puissance mondiale que sont les État–Unis dont les relations n’ont jamais été au beau fixe. Enfin les rapports avec la Russie et la Chine, pays avec lesquels l’Algérie a toujours maintenu une ligne qui n’a jamais connu de fissures sont en train de changer pour devenir complémentaires à tous les niveaux. Ce sera donc une diplomatie du bon sens répondant aux intérêts propres de cette Algérie nouvelle qui est en train de se construire et qui ne veut se fâcher avec personne.

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