Banques publiques : Elles ne seront plus ce qu’elles sont aujourd’hui

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Au cours du conseil des ministres du dimanche 2 avril, le président de la république a demandé à ce qu’on examine le dossier des banques publiques. Il est question de l’ouverture du capital de ces établissements financiers dont l’État est propriétaire. Le temps est donc venu pour innover dans un sens où l’État partage avec d’autres la gestion de ces banques.

L’ouverture du pays au monde extérieur et l’évolution de ce monde qui n’est plus ce qu’il était ne peut donc pas être ignorée. L’Algérie a choisi son modèle, celui d’un libéralisme intelligent qui donne sa place au social mais qui permet également à ceux, individus, entreprises et partenaires économiques nationaux ou étrangers voulant participer à la croissance du pays de s’impliquer dans tous les rouages économiques de l’État. Bien entendu il ne saurait être question d’un désengagement de la souveraineté économique. Au contraire ! Dans l’esprit du président cette souveraineté restera identique mais sera améliorée par un apport nouveau constitué d’acteurs privés innovants qui stimuleront toutes les actions éminemment stratégiques de l’État qui ont pour seul objectif l’émergence d’une nouvelle Algérie qui ne peut être édifiée selon les schémas anciens. L’ère du tout État est révolue depuis que le monde est devenu inter pénétrable et les technologies nouvelles se développant à une vitesse exponentielle se sont emparées de tous les domaines. Il devenait évident pour l’État que continuer à gérer comme il l’a toujours fait ne soit plus possible. L’amélioration de la situation du pays sur le plan économique avec une politique de redressement rigoureuse qui a permis non seulement d’éliminer un déficit commercial qui gangrénait les finances publiques et offrir à notre balance de paiement un cadeau inespéré en la rendant pour la première fois excédentaire. Cela ne suffit pourtant pas car l’ambition de l’Algérie est de devenir une puissance économique à l’échelle du continent africain. Pour accéder à un tel niveau il faut que les caisses de l’État ne désemplissent pas. Or le rythme avec lequel les banques publiques fonctionnent est loin d’être à cette hauteur voulue par l’État qui est leur propriétaire exclusif. Les lenteurs bureaucratiques subsistent empêchant une rapidité dans l’octroi de crédits à des opérateurs porteurs de projets ambitieux. Certes il y a eu quelque amélioration dans la gestion de ces banques mais celle–ci n’est pas celle qui insuffle le punch nécessaire à l’avancement des opérations bancaires. De plus avec le peu de succès obtenu par l’appel adressé par l’État aux détenteurs de capitaux dont l’origine repose sur les secteurs informels qui continuent à privilégier la politique du bas de laine au lieu d’injecter leur argent dans les banques, leur donnant ainsi la possibilité d’entrer dans l’économie formelle sans n’avoir rien à craindre pour leurs capitaux, il devenait urgent de trouver une autre solution. La seule qui convient le mieux est l’ouverture du capital des banques publiques aux actionnaires d’horizons divers. Cela suppose l’établissement au plus vite d’un système boursier analogue à celui qui existe dans les pays émergents. L’un ne va pas sans l’autre car avec cette ouverture du capital des banques publiques tout individu détenant suffisamment d’argent peut le placer dans l’achat d’actions bancaires. Ce sera aussi et surtout le cas des entreprises de grand gabarit, publiques ou privées. Cet apport de sang nouveau fera entrer dans le conseil d’administration des banques des opérateurs qui auront leur mot à dire dans la gestion de celles-ci. Les décisions prises seront étudiées dans l’intérêt des actionnaires qui ne voudraient certainement pas que leurs actions stagnent ou pire qu’elles perdent de leur valeur. C’est donc un changement de cap très important pour l’économie du pays. Bien sur l’État sera toujours majoritaire et aura toujours son mot à dire dans le fonctionnement de la gestion de ses banques mais il entendra aussi les actionnaires et il y aura toujours des compromis pour que chaque partie trouve son compte et cela au grand bénéfice de la croissance économique. Cette façon de procéder va de plus donner toute confiance aux investisseurs étrangers, déjà confortés par la nouvelle loi relative à l’investissement, qui seront alors assurés que le pays dans lequel ils investissent ne les lâchera pas.

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