Le ministre du travail et de la sécurité sociale a des idées bien définies sur le fonctionnement du système de retraite en Algérie. De largement excédentaire au cours des décennies soixante dix et quatre vingt où le secteur public était le principal employeur avant l’effondrement des prix du pétrole dans le milieu des années 80 qui constata l’effondrement de l’économie nationale dépendante à plus de 90% de la seule rente pétrolière et gazière. Des centaines d’entreprises publiques économiques mirent la clé sous le paillasson et accordèrent des retraites anticipées à leurs personnels car le licenciement sec n’existe pas dans les contrats liant les travailleurs aux employeurs publics. La première saignée de la caisse nationale des retraites a commencé à partir de la moitié de la décennie quatre vingt. Elle s’accentua avec la mise en place de la retraite dite proportionnelle qui fit partir des travailleurs en âge de travailler encore dix ans de plus, provoquant ainsi un gouffre financier car la plupart des employés choisirent la prudence de partir plus tôt que prévu. Avec la décennie noire et ses conséquences désastreuses sur l’économie du pays le déficit de la CNR est devenu monumental car les deux tiers des cotisants ont préféré la retraite proportionnelle. Ceux qui sont restés ne représentaient qu’un tiers. C’était tout simplement catastrophique. Avec l’arrivée de Bouteflika au pouvoir le nouveau président qui par chance bénéficia pendant les premières années de ses mandats d’une embellie financière prodigieuse qui avait fait grimper le prix du baril de pétrole à plus de cent dollars a montré envers les retraités d’Algérie une prodigalité qu’aucun président n’avait faite. Il augmenta arbitrairement et de manière substantielle toutes les retraites. Ce sont des milliards de dinars qui ont été injectés dans les caisses de la CNR avec en outre un engagement de l’Etat à prélever un ou deux pour cent de la rente pétrolière pour soutenir le budget de la caisse de retraite. Quant aux cotisations on en est resté au point mort, autrement dit trois cotisants pour un retraité alors qu’il en faudrait au moins six. Pour combler ce manque de cotisants ll n’y a qu’une seule et unique solution c’est celle d’obliger les employeurs privés qui emploient aujourd’hui plus de 80% des travailleurs du pays à verser leurs charges sociales car sans le versement de ces charges le système de retraite intergénérationnel et par répartition s’effondrerait. Pour le ministre du travail qui vient d’engager la réflexion sur la pérennité de notre système de retraite il est grand temps d’organiser une ou plusieurs stratégies sur cette question sensible qui engage l’avenir des générations futures.
