Annaba renoue-t-elle avec le tourisme ? Une nouvelle approche loin d’être réalisable

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D’ici 2025, c’est-à-dire dans deux ans, le patrimoine hôtelier passera de 4800 lits actuels à 10 000, soit le double. La question consiste à savoir où seront implantés les futurs hôtels. Si ces établissements sont éparpillés un peu partout en ville ou en sa périphérie il n’y a pas lieu de parler de politique touristique mais seulement d’infrastructures d’accueil.

Or ce n’est pas cela le tourisme. Celui-ci doit être pensé stratégiquement et répondre à une vision dirigée vers deux directions. La première concerne le tourisme local destiné aux visiteurs venant des wilayas voisines, la seconde vise un tourisme destiné aux franco–algériens venant passer leurs vacances au pays et qui choisissent souvent des hôtels ou complexes situés en bord de mer. Or justement la corniche annabie offre ce genre de possibilité d’accueil, non seulement pour notre communauté nationale établie à l’étranger mais aussi à des touristes européens désireux de visiter un pays dont ils entendent souvent parler mais qu’ils ne connaissent pas, contrairement au Maroc voisin ou à la Tunisie. Un premier pas dans cette deuxième direction vient d‘être franchi. Ainsi un hôtel d’une capacité de 95 lits et d’espaces de divertissement vient d’ouvrir ses portes sur la corniche St Cloud dont il porte le nom. En face il y a la plage, distante de quelques dizaines de mètres seulement, ce qui rend cet hôtel intéressant pour des visiteurs venant de l‘intérieur du pays mais aussi pour les vacanciers algériens résidant en France. Bien sûr cet hôtel n’est fréquenté que par ceux qui disposent de moyens financiers suffisants et il se trouve qu’il y en a car les promoteurs de cette infrastructure touristique n’auraient pas dépensé des milliards de centimes s’ils n’avaient pas la certitude qu’il existe une clientèle potentielle et que l’amortissement de leur investissement ne tarderait pas à se concrétiser.  Pour le moment il n’existe pas à proprement parler de stratégie touristique concernant Annaba. Nous parlons de la ville et de son littoral idéal pour aménager une zone touristique qui va du Cap de Garde à la limite territoriale de la wilaya coté est  (Sidi Salem). C’est vers cette direction qu’il faut aller en  encourageant la construction non pas d’hôtels mais d’un complexe touristique longeant cette grande bleue. Il faut compléter l’existant, autrement dit «Rym El Djamil» Et le mini complexe  «Sabri» Il y a suffisamment d’espace pour combler le vide existant en faisant surgir des sols un complexe qui engloberait un port de plaisance au lieu dit «Vivier». Il est dommage de constater que les rives qui font face la plage Rizi Amor (Chapuis) aient été pris d’assaut par la promotion immobilière. Cela aurait été nettement plus intéressant pour la wilaya et la commune qu’il y ait eu à la place de ces ensembles immobiliers des grands hôtels avec vue et accès sur cette grande plage. Cela aurait donné à la corniche annabie une image semblable à celle qui existe aujourd’hui à Nice et à Cannes sur la cote d’Azur. D’ailleurs dans le fameux plan de Constantine la corniche bônoise à devenir la sosie des corniches niçoises et cannoise. Malheureusement toutes les autorités qui se sont succédées pour gérer et conduire la politique de cette ville au potentiel touristique certain ne se sont jamais préoccupées d’un tel potentiel. Les maires qui ont géré Annaba depuis l’indépendance jusqu’à aujourd’hui n’ont jamais eu cette hauteur de vue qui distingue les grands maires. Leurs mandats successifs ont toujours été médiocres et cela reste malheureusement le cas. La gestion de l’acquis sans perspective est la pire des politiques concernant le développement d’une ville. Alors la question que l’on pose est celle–ci : Va t-on enfin se consacrer au développement touristique d’une ville qui a naturellement une vocation touristique ?

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