La brouille dont on prévoyait une issue incertaine appartient désormais au passé. Cela est du au revirement du chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez concernant la question du Sahara occidental.
Ce dernier est revenu sur sa précédente théorie de l’autonomie sous contrôle marocain. Au cours d’un discours qu’il avait tenu lors de la dernière session de l’AG de l’ONU il a reconnu que le dossier sahraoui doit être réglé dans le cadre exclusif de l’ONU. Il n’en fallait pas plus pour que l’Algérie rétablisse à nouveau ses relations diplomatiques interrompues à cause de cette reconnaissance du fait accompli marocain à propos d’un territoire qui dépendait de l’Espagne jusqu’en 1975 et dont la population a exprimé son désir d’être entendue par le biais d’un référendum d’autodétermination. En réalité l’Espagne adhérait pleinement à ce processus, jusqu’à l’arrivée au pouvoir de Pedro Sanchez dont les relations de camaraderie avec le roi du Maroc, Mohamed VI étaient connues de tous qui avaient fait dire à Pedro Sanchez l’impensable. Il s’est rendu progressivement compte que sa relation privilégiée avec le monarque marocain ne servait pas du tout les intérêts économiques de l’Espagne et que le partenariat stratégique et exceptionnel établi depuis des années entre l’Algérie et la péninsule ibérique s’était brutalement effondré, mettant sur la paille de nombreuses PME espagnoles lesquelles, du jour au lendemain, ont perdu un marché exceptionnellement profitable. En fait certaines d’entre elles étaient carrément menacées de faillite comme c’était le cas de l’industrie de la céramique. Les pertes se chiffraient à 800 millions d’euros. La situation devenait intenable pour le chef du gouvernement espagnol qui était constamment interpellé au parlement. Lors de l’élection anticipée des législatives Pedro–Sanchez ne dispose pas de la majorité absolue. Il doit impérativement tenir compte de l’opposition des diverses droites sans quoi il serait constamment menacé par une succession de dépôts de motions de censures et comme en Espagne il n’y a pas l’équivalent d’un 49/3 que bénéficie l’exécutif français alors il n’y a pas photo, Sanchez devait changer de posture, c’est ce qu’il a fait, dirons–nous, contre mauvaise fortune bon cœur. Au fond de lui Sanchez doit se morfondre en culpabilité d’avoir trahi son copain Mohamed VI mais peu importe car c’est la ligne officielle qui compte. Par ailleurs la commission des affaires étrangères du parlement espagnol interpellant le chef du gouvernement lui intima l’ordre de se conformer aux résolutions de l’ONU, comme l’a toujours fait l’Espagne. Coincé entre les intérêts économiques de son pays qui l’appelaient à renouer dans l’urgence avec l’Algérie et la question du respect du droit international, Pedro Sanchez a été dans l’obligation de lâcher le Maroc ou plutôt son ami le roi. C’est incontestablement une victoire incontestable pour l’Algérie qui vient de prouver à la commission européenne qui était souvent intervenue pour rétablir les relations entre les deux pays sans remettre en cause les déclarations extravagantes du chef du gouvernement espagnol à propos du Sahara Occidental. La réponse de l’Algérie a toujours été la même, c’est Niet! Aujourd’hui la position de notre pays a prévalu et pour l’Algérie c’est cela qui compte avant tout.
