L’Algérie s’est engagée dans une démarche ambitieuse visant à moderniser son secteur agricole, considéré comme un pilier essentiel de son économie.
Dans cette perspective, le pays s’est associé à l’Italie pour insuffler une nouvelle ère à l’agriculture algérienne. Au cœur de cette transformation, l’utilisation de satellites occupe une place prépondérante, promettant de révolutionner les pratiques agricoles traditionnelles et d’ouvrir la voie à une prospérité durable pour les acteurs du secteur. En effet, les annonces prometteuses faites lors des travaux du sommet Italie-Afrique à Rome, inauguré hier, révèlent une étape décisive dans les relations entre l’Algérie et l’Italie en matière de développement agricole. En présence du ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ahmed Attaf, en tant que représentant du président de la République, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a dévoilé les contours du «plan Mattei pour l’Afrique», un ambitieux programme de coopération entre les nations africaines et l’Italie. Ainsi, au cœur de ce plan novateur se profile un projet d’envergure: la «surveillance par satellite de l’agriculture en Algérie». Cette initiative marque une avancée significative, permettant au secteur agricole algérien de tirer parti des dernières avancées technologiques. Le projet vise spécifiquement à cartographier les périmètres irrigués dédiés à la céréaliculture à l’aide d’images satellite, offrant ainsi des données d’une précision inégalée sur l’utilisation effective des zones périphériques, une nécessité cruciale compte tenu de l’ampleur des superficies dédiées à la production céréalière. Dans cette optique, l’Italie et l’Algérie s’unissent pour façonner un avenir agricole plus efficient et technologiquement avancé. Il est à souligné que le projet initié par l’Italie en Algérie découle des accords conclus entre les deux nations en janvier 2023, lors de la visite de travail et d’amitié de la présidente du conseil des ministres italien, Giorgia Meloni. À cette occasion, un mémorandum d’entente et de coopération a été signé entre l’Agence spatiale algérienne (Asal) et l’Agence spatiale italienne (Asi), axé sur les activités spatiales à des fins pacifiques. En plus de l’exploration spatiale, cette entente couvre des aspects tels que la technologie, la formation, le renforcement des capacités spatiales, et vise également à promouvoir la coopération dans le domaine de l’observation des terres. Grâce à son expertise technologique, le partenaire italien soutiendra l’objectif des autorités publiques visant à moderniser les méthodes utilisées dans le secteur agricole, avec pour ambition de développer cette sphère et d’augmenter la production céréalière. En outre, l’utilisation de satellites dans les vastes régions du sud du pays est considérée comme une nécessité cruciale pour améliorer les rendements céréaliers et stimuler les investissements dans cette zone. Dans ce contexte, il est important de rappeler la politique de l’État visant à insuffler une nouvelle dynamique au secteur de l’agriculture, considéré comme stratégique pour garantir la sécurité alimentaire du pays. Lors des assises nationales de l’agriculture en février 2023, placées sous le slogan «Agriculture: pour une sécurité alimentaire durable», Abdelmadjid Tebboune a souligné la nécessité d’accélérer le processus de modernisation du secteur agricole, affirmant que l’Algérie «est engagée dans une véritable course contre la montre pour restructurer et moderniser l’activité agricole». Il a également insisté sur la transition d’une agriculture traditionnelle à une agriculture basée sur des investissements étudiés, soulignant que «les régions du sud du pays étaient en mesure d’assurer une production similaire à celle des pays qui répondent aux besoins mondiaux en céréales». Lors du conseil des ministres du mois en cours, le chef de l’État a souligné la nécessité d’accompagner les professionnels du secteur agricole en introduisant des technologies modernes et en favorisant un changement de mentalité, dans le but de créer une révolution dans ce secteur stratégique sur lequel l’État s’appuie pour développer l’économie nationale.
D’Alger : Kheireddine BOUKHALFA
