Par Kheireddine Boukhalfa
La nouvelle loi française concernant l’interdiction de détachements des imams n’aura eu aucun effet sur le terrain et en particulier en ce qui concerne les imams algériens. Ce constat est conforté par les derniers chiffres communiqués par le ministre des affaires religieuses et des wakfs, Youcef Belmehdi.
En effet, à partir du 1er janvier 2024, la loi interdisant le détachement d’imams de l’étranger en France était entrée en vigueur. Cette loi a été promulguée le 18 février 2020, mais sa mise en œuvre a été reportée au début de cette année. Ainsi, le 31 décembre 2023, le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, avait annoncé l’arrêt des détachements d’imams étrangers en France. En conséquence de cette décision, les autorités françaises ont envoyé des notes à plusieurs pays, dont l’Algérie, les informant de la décision prise, qui ciblait principalement trois pays, à savoir, outre l’Algérie, la Turquie et le Maroc, considérés comme les trois premiers pays, les plus envoyeurs d’imams en France en raison du nombre de leurs communautés résidant dans l’hexagone. Dans ce sillage, on précise que les autorités françaises ont confié la responsabilité de la formation des imams en France à une entité récemment créée, en l’occurrence le «Forum de l’islam de France» (FORIF), qui a été créé sur les ruines du Conseil français du culte musulman, dissous par le président français, Emmanuel Macron. Ainsi, le processus de formation est placé sous la supervision d’organismes officiels français pour être conforme aux normes établies par des experts en sociologie afin de favoriser l’intégration, conformément aux objectifs poursuivis par cette approche. Toutefois, cette loi n’a eu aucun effet sur l’Algérie qui l’a contourné de manière légale. Ainsi, par le ministre des affaires religieuses, on apprend qu’à l’occasion du mois sacré de Ramadan, l’Algérie a envoyé environ 90 imams en France pour diriger les fidèles lors des prières de Tarawih et animer la prédication religieuse, sous l’égide de la mosquée de Paris soumise à la loi française. Cependant, la responsabilité de la supervision incombe aux autorités algériennes. La direction de la Grande Mosquée de Paris se charge de répartir ces imams dans près de 2600 mosquées françaises ayant besoin d’un imam pour diriger les fidèles lors des prières de Tarawih. En outre, environ soixante imams ont été également envoyés dans d’autres pays, dont les détails n’ont pas été divulgués. L’Algérie, a donc aisément surmonté l’obstacle de la nouvelle loi française, en se basant sur l’institution de la mosquée de Paris, considérée comme une vitrine religieuse et culturelle algérienne en France, destinée aux membres de la communauté algérienne et d’autres communautés musulmanes, et gérée par l’État algérien. Ce dernier lui a octroyé des subventions par tranches, s’élevant selon les derniers chiffres fournis par le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Youcef Belmahdi, à environ 315 milliards.
