Le Rassemblement National français (anciennement le Front National) a franchi les lignes rouges en refusant de tenir des célébrations commémoratives de la « Journée du Martyr » le 18 février sur le sol français, et est allé encore plus loin en affirmant que Paris considère toujours le Front de Libération Nationale algérien comme une « organisation terroriste » jusqu’à ce jour.
En effet, cette attaque sans précédent du parti d’extrême droite envers l’Algérie et sa révolution, s’est manifestée à travers une question écrite à l’Assemblée Nationale, spécifiquement par le député Julien Odoul, connu pour ses positions hostiles envers l’Algérie qu’il exprime à chaque occasion sur les plateaux de diverses chaînes françaises, adressée au Ministère de l’Intérieur et des outre-mer. La date de publication de cette question écrite portant le numéro 16323, par l’Assemblée Nationale française (la chambre basse du Parlement) dans son journal officiel n’était pas du tout fortuite, la coïncidence est étrange et n’est pas innocente, surtout étant donné qu’elle était prévue pour être rendue publique le 19 mars, qui coïncide avec la célébration de la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie et du cessez-le-feu en 1962. Dans sa question, le député d’extrême droite Julien Odoul a littéralement attiré l’attention du ministre de l’Intérieur sur les rassemblements qui ont eu lieu à Paris le 18 février 2024 à l’occasion de la Journée Nationale du Martyr, où les combattants algériens du Front de Libération Nationale, décédés pendant la guerre d’Algérie, étaient honorés, malgré leur interdiction par les autorités au motif de perturber l’ordre public. Dans une position accusatrice envers son propre gouvernement, le député d’extrême droite Odoul a demandé : « Comment le gouvernement peut-il rester silencieux face à ces rassemblements dans les rues de Paris? », considérant l’organisation de tels événements comme « provocateur et inacceptable ». Le politicien affilié au parti de Marine Le Pen a également souligné qu’il est devenu nécessaire de faire face à ces Algériens qui, selon lui, utilisent la haine envers la France et ses valeurs comme moyen de lutte, en déclarant qu’il est « impératif d’agir fermement et de ne jamais permettre que ces rassemblements se reproduisent ». Le même député a exhorté son gouvernement à condamner immédiatement ces rassemblements, qu’il considère comme sapant gravement la cohésion nationale française et portant atteinte à la mémoire de milliers de citoyens français et militants qui ont péri pour la France. Dans une inversion accusatoire où la victime est transformée en bourreau, Odoul a estimé que « ces rassemblements constituent une véritable tache sur l’honneur de milliers de victimes françaises ainsi que des militants qui ont sacrifié leur vie pour la France et qui, entre le 19 mars 1962 et la fin de 1963, ont été tués par le Front de Libération Nationale, que la France considère toujours comme une organisation terroriste », selon ses dires.
Par Kheireddine Boukhalfa
