Ce festival du cinéma qui a lieu depuis le 24 avril dernier à Annaba ne ressemble nullement aux précédents. Il est différent, en ce sens que le public qui s’y intéresse se compose essentiellement de jeunes dont la moyenne d’’age se situe entre vingt et trente ans. Autre particularité : La présence de jeunes femmes qui suivent les films projetés et qui débattent souvent entre elles de ce qu’il ont vu sur le grand écran.
Pour rappel les trois précédentes manifestations de ce genre qui eurent lieu à Annaba rassemblaient plutôt un public hétéroclite dont l’intérêt pour le septième art n’était pas évident. Les séances de projection étaient brouillées par des discussions de personnes entre elles, lesquelles, manifestement, n’étaient pas là pour voir un film mais juste pour être assises et discuter entre elles. Cette fois ci les organisateurs, la plupart des jeunes fonctionnaires diplômés d’universités veillent à ce que les représentations ne ressemblent pas à des foires et s’adressent à un public élitiste. C’est pour cela que ceux qui sont admis à entrer dans la grande salle du théâtre régional où ont lieu les projections sont triés sur le volet. Il y a ceux et celles qui ont des cartes d’invitation et il y a ceux et celles dont l’apparence est plutôt bonne et qui donnent l’impression d’être en ce lieu non pas pour jaser mais pour voir un film. Ainsi le personnel d’accueil a pris soin de refuser toute personne qui manifestement ne fait pas bonne figure et dont le comportement laisse à désirer. L’expérience des précédents festivals avait laissé de mauvais souvenirs et carrément cette fois–ci il fallait que cela ne se reproduise pas. L’autre nouveauté remarquée dans ce quatrième festival c’est l’endroit unique où ont lieu les représentations cinématographiques. Au cours des festivals antérieurs il y avait plus d’une salle de cinéma où on projetait des films. C’est sans doute pour cela que les projections qui ont lieu dans l’une de ces salles étaient souvent remplies d’un public n’ayant aucun sens du civisme et c’est le moins que l’on puisse dire. Il semble qu’on ait retenu la leçon car s’en tenir à une seule salle en prenant soin de veiller à ceux qui viennent assister à un film ne sont pas là pour dormir ou papoter comme c’est le cas de ces femmes qui ont pris l’habitude de s’asseoir chaque soir sur les marches du parvis du théâtre. Ce quatrième festival d’Annaba est différent et se veut prometteur pour les prochains.
