Avant le lancement de la réunion du G7 à Barri en Italie le président Tebboune invité par la présidente du conseil italien Georgia Melloni à assister aux travaux en sa qualité de président du plus grand pays d’Afrique dont un des grands thèmes de ces travaux sera consacré à ce continent a reçu en sa résidence italienne le président français Emmanuel Macron. Que se sont dit les deux chefs d’Etat notamment sur le bouleversement de l’échiquier politique survenu en France ?
Il a été probablement question de la visite que doit effectuer le président algérien en France et dont on soulignait l’importance avant la décision prise par le président français de dissoudre l’Assemblée nationale et d’aller très rapidement vers des élections législatives. Il est évident que cette importance qu’on voulait exemplaire avant l’annonce de cette décision a volé en éclats. En clair cette visite d’Etat du président Tebboune en France est le moins que l’on puisse dire compromise. En fait elle est sujette aux résultats obtenus au second tour de ces élections législatives. Si au lendemain du 7 juillet c’est le RN qui l’emporte ce sera Jordan Bardella qui sera désigné comme premier ministre car son parti aura obtenu la majorité. Que celle –ci soit absolue ou relative cela n’a pas de grande importance car le RN disposera d’une majorité de députés qui obligera le président Macron à choisir même contre son gré un premier ministre issu de l’extrême droite, raciste et xénophobe même si sous un artifice savant d’une soi disant diabolisation ce parti et à sa tête Marine le Pen fille de Jean Marie et héritière même si elle prétend le contraire de l’idéologie de son papa . Dans de telles conditions, le jeu comme on dit, ne vaut pas la chandelle. Une visite d’état d’une telle importance ne saurait être réduite à une visite de circonstance. En effet les enjeux sont de taille. Il y a d’abord la question mémorielle. Il en sera certainement question au cours de cette visite si elle a lieu. Il est plus que certain que le bloc de droite et d’extrême droite aura son mot à dire en mettant avant les «bienfaits» de la colonisation française durant cent trente années de sa présence en Algérie. Qu’une telle prise de position soit exprimée devant le président algérien est tout simplement insoutenable. Cela friserait même un incident diplomatique et mettrait immédiatement fin à cette visite, ce qui plongerait une crise sans précédent entre la France et l’Algérie. Une chose est sûre elle humilierait le président Macron qui deviendra alors la marionnette que l’extrême droite voudrait présenter de l’image de ce président de la République. Tout dépendra donc des résultats définitifs de cette élection anticipée qui a pris de court tout le monde, en France, bien sûr, en Europe et en Algérie. Ce poker douteux qui entraine une phase d’incertitude en France sera favorable à l’Algérie si le Front populaire qui remplace la NUPES pour faire barrage à l’extrême droite emporte cette élection dans une sorte de barrage républicain où même une partie des macronistes, du Modem de François Bayrou et des modérés des Républicains comme Raffarin, Sarkozy, xavier Bertrand , Valérie pécresse et d’autres appellent à voter au second tour pour un candidat PS, écologiste, ou communiste face au candidat du RN. Incontestablement si la gauche l’emporte au second tour avec un report des voix des modérés de LR la visite de Tebboune en France ne sera nullement annulée, au contraire elle revêtira, à nouveau l’importance voulue par les deux présidents. Sur ce point là elle sera couronnée de succès et Macron ne perdra pas la face.
