Le mariage idéologique de l’extrême droite européenne et du sionisme Une lutte commune contre des ennemis partagés

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L’effondrement de l’Union soviétique, qualifié de « fin de l’histoire » par Francis Fukuyama, a marqué le début de l’hégémonie des États-Unis, une puissance cherchant à dominer le monde sans rival. Cette domination s’accompagne d’une reconfiguration des forces politiques globales, particulièrement en Europe, où le discours colonial refait surface sans complexe, encouragé par l’affaiblissement des partis communistes et la perte d’influence des partis sociaux-démocrates.

Depuis les années Reagan, Bush Jr. et Trump aux États-Unis, et à travers l’Europe, l’idéologie de la droite traditionnelle et de l’extrême droite a pris le dessus. Cette montée en puissance se reflète dans les résultats des récentes élections européennes de juin 2024, où l’extrême droite est devenue la force politique dominante dans plusieurs grands pays européens. Cette dynamique rappelle les discours colonialistes des croisades, des invasions napoléoniennes et des conflits impérialistes du passé. Les États-Unis, sous couvert de lutte contre le terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive, ont entraîné l’OTAN et ses alliés dans des campagnes militaires destructrices en Yougoslavie, en Somalie, en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie et au Yémen. Cette politique interventionniste a trouvé un écho favorable chez les politiciens de l’extrême droite européenne, encourageant Israël à intensifier ses agressions contre le Liban, la Syrie et les territoires palestiniens occupés. L’attaque israélienne contre Ghaza le 7 octobre 2023 a mis en lumière la convergence des idéologies sioniste et de l’extrême droite européenne. Cette convergence est particulièrement visible en France, où des figures comme Serge Klarsfeld, bien qu’historiquement opposées à l’extrême droite, en viennent à trouver des terrains d’entente avec elle sur la question du soutien à Israël. Depuis 2010, les rencontres entre les leaders de l’extrême droite européenne et les dirigeants israéliens se sont multipliées, illustrant un changement de rhétorique et d’alliances. Les promoteurs de la lutte contre l’antisémitisme, tels que Bernard-Henri Lévy et la famille Klarsfeld, ont été récompensés par des figures de l’extrême droite française, à l’instar de Louis Aliot, maire de Perpignan. La position de Serge Klarsfeld en est révélatrice. Lors d’une interview avec LCI le 15 juin 2024, il a affirmé qu’il voterait pour le Rassemblement National, parti d’extrême droite, plutôt que pour La France Insoumise, dénonçant le prétendu antisémitisme de la gauche radicale. Klarsfeld justifie ce choix en affirmant que l’extrême droite soutient les Juifs et Israël, une déclaration qui souligne l’alliance paradoxale entre sionisme et extrême droite. Cette alliance idéologique entre l’extrême droite européenne et le sionisme, unie par une vision commune et des ennemis partagés, est une réalité alarmante qui mérite une attention et une réflexion approfondies .

Par Mohamed Tahar Aissani

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