Boualem Sansal- (Sang sale) La Double Allégeance: Quand l’Âme des Écrivains se Vend au Plus Offrant

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La scène culturelle algérienne, déjà encombrée de débats houleux, est une fois de plus éclaboussée par le soutien indéfectible du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF) à Boualem Sansal, qualifié pompeusement de « défenseur des valeurs universelles ».

Une posture qui, en réalité, dissimule un agenda trouble, celui d’un écrivain devenu le chantre de l’apologie néocoloniale et de l’auto-dénigrement systématique de son pays natal. La déclaration du CRIF, hâtivement relayée par le président français Emmanuel Macron, illustre bien la mécanique d’une alliance perverse entre certains cercles politiques et culturels occidentaux et des figures algériennes prêtes à renier leurs origines pour un élan de gloire médiatique. Sansal, 75 ans, n’est plus un simple écrivain, mais un rouage dans un système où l’engagement littéraire sert de cheval de Troie à des intérêts bien éloignés des “valeurs universelles” vantées. Ce “romancier de lumière” – selon les termes du CRIF – est davantage un éteignoir de mémoires, un marchand de récits biaisés. Que l’on se souvienne de sa visite scandaleuse en Israël, pays à la politique d’apartheid avérée, où il était accueilli en grande pompe pour promouvoir son livre « La Villageoise Allemande ». L’écrivain ne se contentait pas de noircir la révolution algérienne dans ses pages, il s’est acharné à réécrire notre histoire au profit d’une narration occidentalocentrée, dénigrant les sacrifices de la lutte anticoloniale.

Un passé au service de l’opportunisme

Ingénieur, conseiller et ancien cadre dans l’administration algérienne, Sansal a connu une ascension professionnelle classique jusqu’à sa disgrâce en 2003. Depuis, il s’est métamorphosé en critique acerbe de son propre peuple. Dans ses œuvres, de Poste restante : Alger à Rue Darwin, il s’évertue à caricaturer l’Algérie post-indépendance, transformant la tragédie de la décennie noire et les traumatismes nationaux en un spectacle offert aux lecteurs occidentaux avides de clichés. L’obtention récente de la nationalité française n’est qu’une formalité pour un homme qui avait depuis longtemps renoncé à son ancrage national. Loin d’être un simple choix personnel, ce geste s’inscrit dans un parcours où l’assimilation intellectuelle et idéologique à la France et à ses alliés sionistes est devenue une seconde nature.L’histoire ne pardonne pas aux “réconciliés” du colonisateur, et Sansal est la parfaite illustration de ce phénomène. Son inclusion dans le livre de Rachid Boudjedra, « Zinètes de l’Histoire », démontre à quel point il incarne cette figure d’écrivain en rupture avec son identité, non pas pour explorer des horizons niversels, mais pour servir des narrations orientées. Boudjedra l’accuse d’avoir tourné le dos aux luttes fondatrices de la nation algérienne, préférant plaire aux salons littéraires parisiens.

Un agenda révélé

Le soutien du CRIF, amplifié par Macron, montre que Sansal est aujourd’hui bien plus qu’un écrivain controversé. Il est devenu une arme de propagande culturelle au service d’intérêts bien définis. Les élans de “liberté d’expression” brandis par ses soutiens ne sont qu’un prétexte pour masquer une entreprise de normalisation où la mémoire algérienne est bradée. Sansal est-il victime ou complice de cette manipulation ? La question ne se pose même plus. Son rôle d’intellectuel en quête de reconnaissance internationale l’a conduit à franchir toutes les lignes rouges, y compris celle de l’éthique. Lorsqu’il affirme que le projet révolutionnaire algérien aurait été soutenu par des nazis repenti(e)s, il ne s’agit plus de liberté artistique mais d’une insulte calculée à l’égard d’une lutte héroïque qui a coûté la vie à un million et demi de martyrs. La littérature, lorsqu’elle est dépouillée de son humanisme, devient une arme dangereuse. Boualem Sansal est l’exemple parfait d’un écrivain qui a vendu son âme à ceux qui le paient grassement en éloges. Ce sont ces figures, parachutées dans la sphère internationale, qui rendent aujourd’hui un mauvais service à l’Algérie. Mais la mémoire collective est tenace : elle n’oubliera ni les mercenaires du verbe, ni ceux qui les applaudissent depuis les coulisses.

Par Mohamed Tahar Aissani

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