Cela n’a pas tardé, c’est même ultra rapide. Cette réaction de Jean Noel Barrot, ministre fiançais des affaires étrangères réagissant à la convocation de l’ambassadeur de France en Algérie par le ministère des affaires étrangères d’Algérie prouve l’existence d’un malaise entre les deux pays. Le ministre français nie en bloc, tout en assurant du soutien de la France à son ambassadeur, comme si ce dernier était en danger.
Encore une fois la France réagit par l’émotion. La raison diplomatique est absente. Cela prouve à l’évidence que la politique de la France, sur le plan intérieur comme sur le plan extérieur est dans un total déboussolement. Un président qu’une majorité de français n’en veulent plus, un premier ministre, le deuxième après le renvoi de Barnier dont le mandat n’a pas excédé trois mois. Un François Bayrou, dont un premier sondage publié le jour même de son investiture fait état d’un manque de confiance des français à hauteur de 60% de sondés. Un déclassement par l’agence américaine Moody d’un point ajouté aux deux autres qui classe la France dans la notation de A 3 , alors qu’il y a une année ce classement était à zéro , tout cela a déréglementé de manière significative la position de ce pays dans le monde . Emmanuel Macron n’est plus pris au sérieux. Son aura a pris un coup depuis sa décision de dissolution de l’assemblée nationale de son pays. Pour preuve son invitation faite au Pape d’assister à la réouverture de Notre Dame de Paris a été refusée pas Sa sainteté et comme pour enfoncer le clou, le pape François préféra la Corse au lieu de Paris. La place de la France à l’échelle UE a, elle aussi, décliné. L’exemple de la signature par Ursula Van der Nayen de l’accord sur le Mercosur, malgré la vive opposition de la France reflète l’état de décrépitude de la position française au sein de l’union européenne. En ce qui concerne l’état des relations de ce pays avec le Maghreb, la dégradation ne cesse de s’amplifier. Jusqu’à une date non éloignée et avec le soutien de l’Algérie la France pouvait encore jouer sa grandeur auprès des deux pays du Maghreb que sont la Tunisie et l’Algérie. Son retournement spectaculaire exprimé par son président au sujet de la reconnaissance d’une pseudo souveraineté marocaine sur le Sahara occidental a complètement remis en cause l’idée d’un partenariat proclamé stratégique par ce même président français qui brusquement est devenu amnésique. Comment dès lors espérer un retour possible à une situation antérieure à ce qui vient de se passer ? Pourtant Jean Noel Barrot semble y croire quand il a réagi à chaud à la convocation de l’ambassadeur de son pays par notre ministère des AE. Il a en effet déclaré que la feuille de route signée conjointent entre les présidents Tebboune et Macron tient toujours. Vœu pieux ou réelle intention de mettre une couche d’apaisement ? Pour rappel il n’y a toujours pas d’ambassadeur d’Algérie en France suite au rappel de ce dernier après la déclaration de Macron sur le Sahara occidental. A présent ces dernières affaires, l’une concernant l’arrestation tout à fait justifiée de Boualem Sansal, citoyen algérien, récemment naturalisé français, l’autre sur cette ténébreuse affaire d’espionnage dont les services secrets français seraient impliqués. En fait il existe aujourd’hui un imbroglio de taille envenimant les relations entre les deux pays. Il faut plus que la volonté pour arriver à le décortiquer, il faut du courage et beaucoup de détermination et c’est du coté français que cela doit parvenir.
