France-Algerie :Quand la droite française instrumentalise l’immigration pour des ambitions électorales

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La classe politique française semble incapable de se défaire de ses vieux réflexes néocoloniaux. Dernier exemple en date, le ministre de l’Intérieur français, Bruno Retailleau, qui a une nouvelle fois fait de l’Algérie sa cible préférée dans une surenchère populiste digne des campagnes électorales les plus nauséabondes de la droite française.

Dans une déclaration controversée ce lundi, Retailleau a annoncé l’envoi imminent d’une liste de plusieurs centaines d’Algériens que la France souhaiterait expulser sous prétexte qu’ils constitueraient un « danger » pour l’ordre public. Le ministre, dont l’obsession maladive pour l’Algérie ne fait plus mystère, a précisé sur les ondes de la radio RMC que cette liste comprendrait des individus présentant des niveaux de « dangerosité » variés.

Une manœuvre électoraliste à peine voilée

Cette nouvelle attaque ne peut être perçue que comme une énième tentative d’exacerber les tensions diplomatiques entre Alger et Paris, alors que le président Emmanuel Macron cherche désespérément à maintenir un semblant de dialogue avec l’Algérie. Retailleau, en manque de projet politique concret, semble déterminé à instrumentaliser la question migratoire pour renforcer son ancrage à la tête du parti Les Républicains (LR). Une stratégie bien rodée qui repose sur la stigmatisation de l’immigration, un discours hostile à l’Algérie et une démarche populiste à destination de la frange la plus réactionnaire de l’électorat français.

Un ministre pyromane, un président impuissant

L’Agence de presse algérienne (APS) souligne que les tentatives d’apaisement de Macron sont systématiquement torpillées par son propre ministre de l’Intérieur, dont l’acharnement contre l’Algérie ne semble avoir d’égale que sa volonté de se positionner en futur leader de la droite française. Retailleau a récemment fait parler de lui en refusant l’entrée sur le territoire français à l’épouse d’un diplomate algérien en poste, une mesure jugée humiliante et provocatrice. Cet acte n’est que l’illustration de la politique de tension qu’il orchestre, cherchant systématiquement à créer des incidents diplomatiques pour mieux nourrir son discours nationaliste. L’obsession de certains responsables français pour l’Algérie révèle en réalité une difficulté persistante à tourner la page de l’Histoire. Plutôt que de construire une relation apaisée, fondée sur des intérêts mutuels et un respect réciproque, certains milieux politiques français continuent d’entretenir une relation conflictuelle avec Alger, utilisant l’Algérie comme un exutoire à leurs propres déboires politiques. Ce nouvel épisode marque une fois de plus la volonté de la droite française de jouer la carte de la provocation au détriment de la diplomatie et de la stabilité. Une agitation politicienne qui ne trompe personne et qui met en évidence l’incapacité chronique d’une certaine classe politique française à traiter avec l’Algérie sur un pied d’égalité et de respect.

Par Mohamed Tahar Aissani

 

 

 

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