Il est des tempêtes qui n’ont de force que le vent qu’elles brassent. La dernière en date souffle depuis Paris, relayée par une presse déclinante qui croit encore que les slogans usés du passé peuvent intimider un pays souverain.
La chaîne publique française France 2 s’est ainsi illustrée dans un exercice aussi vain que malhabile, en accouchant d’un « reportage » qui, sous couvert de journalisme d’investigation, régurgite une rhétorique rance digne des cercles nostalgiques du colonialisme. Sous le titre grandiloquent « Quand l’Algérie cherche à faire taire ses opposants », cette entreprise de désinformation repose sur des témoignages aussi biaisés que prévisibles : militants de groupuscules extrémistes en mal de reconnaissance, figures marginales en quête de projecteurs et autres habitués des officines où s’élaborent les scenarios d’une fiction politique sans crédibilité. On assiste ainsi à une répétition de la même ritournelle : une Algérie démonisée, accusée sans preuves, ciblée pour le simple fait d’exister en dehors des dogmes préfabriqués de la pensée unique occidentale.
Une indignation à géométrie variable
D’un ton docte, France 2 se drape dans une posture moralisatrice, feignant l’innocence tout en distillant les mêmes insinuations qui suintent l’obsession post-coloniale. La chaîne publique, qui s’est toujours réclamée d’un journalisme d’excellence, s’abandonne ici à une indignation à géométrie variable. Car il est pour le moins cocasse qu’un pays qui a fait de l’ingérence une seconde nature, qui excelle dans l’art des opérations secrètes et des manipulations d’opinion, puisse aujourd’hui se découvrir une conscience pure et s’afficher en victime. Quand Paris, avec une arrogance désormais pathologique, se permet d’imposer ses vues au Sahel, quand il distribue bons et mauvais points aux gouvernements africains, quand il cautionne des régimes fantoches en prétendant dicter la démocratie à coup d’injonctions, personne ne s’émeut. Mais lorsque l’Algérie affirme haut et fort son droit à la souveraineté, lorsqu’elle réitère son attachement à la dignité de son peuple, la presse hexagonale se déchaîne, les plateaux télévisés s’agitent, les « experts » récusés ailleurs retrouvent soudain audience.
Un acharnement symptomatique
Ce lynchage médiatique ne relève pas du hasard. Il s’inscrit dans une campagne plus large, orchestrée avec une méthode qui rappelle les heures sombres des déstabilisations sous fausse bannière. Depuis plusieurs mois, la médiacratie française s’emploie à marteler l’idée d’une Algérie menaçante, instrumentalisant les moindres prétextes pour entretenir la suspicion. La nervosité de Paris a une explication simple : l’Algérie d’aujourd’hui n’est plus celle que l’on pouvait rudoyer sans réponse. Elle a brisé les chaînes du paternalisme et refuse d’être traitée comme une variable d’ajustement dans les stratégies européennes. Son influence croissante, son discours affranchi et sa capacité à tracer sa propre voie contrarient les desseins de ceux qui rêvaient de la voir confinée à un rôle subalterne.
Une réponse sans ambiguïté
L’Algérie ne se taira pas face à cette mise en scène grotesque. Elle n’a de leçons à recevoir ni de ceux qui jonglent avec les principes selon leurs intérêts, ni de ceux qui, en sous-main, attisent les tensions pour nourrir leur propre agenda. Les gesticulations parisiennes ne trompent plus personne, et la prétendue croisade de la « liberté d’expression » dissimule mal un acharnement obsessionnel qui relève plus de la névrose que du journalisme. Quant au peuple algérien, il reste fidèle à lui-même, indifférent aux vociférations des nostalgiques de l’Algérie française et à leurs relais médiatiques. Car l’histoire a déjà tranché : l’Algérie est définitivement libre, et aucun montage grossier, aucune propagande éculée ne pourra récrire cette réalité. La souveraineté algérienne ne se négocie pas, elle se défend. Et elle se défendra toujours.
Par Mohamed Tahar Aissani
