La fraise algérienne à la conquête du monde:
Un fruit rouge, un potentiel vert

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Par Mohamed Tahar Aissani—/—

Après le triomphe incontesté des dattes algériennes sur les étals du monde entier, un autre joyau agricole national semble prêt à suivre le même chemin : la fraise algérienne.

Si les autorités et les opérateurs économiques s’en saisissent avec ambition et stratégie, ce fruit sucré pourrait devenir l’un des nouveaux symboles de la compétitivité agricole du pays. Selon un rapport publié récemment par le site spécialisé International Supermarket, l’Algérie a enregistré un excédent de production en fraises fraîches, notamment grâce à l’adoption progressive de techniques agricoles modernes. Ce virage technologique a permis aux agriculteurs locaux d’atteindre un niveau de qualité qui rivalise avec les meilleures productions régionales.Dans un contexte où la demande mondiale en fraises fraîches, notamment en Europe, ne cesse de croître, l’Algérie dispose d’un atout de taille : sa position géographique stratégique lui permet de jouer sur la carte de la fraîcheur, de la rapidité logistique, et de la compétitivité. Mais les défis ne manquent pas. Une contradiction interpelle : bien que la fraise soit un produit fragile et à haute valeur ajoutée, elle reste moins rentable que la pomme de terre sur le marché local. Un paradoxe révélateur des déséquilibres structurels auxquels font face les agriculteurs, entre coûts de production élevés et manque de soutien logistique ou commercial.

Construire une filière à vocation exportatrice

Pour libérer le potentiel du secteur, le rapport insiste sur l’impératif de développer des infrastructures de pointe : systèmes de refroidissement, unités de conditionnement, réseaux de transport adaptés. Il plaide également pour un renforcement des partenariats avec des distributeurs internationaux, ainsi qu’un effort de promotion ciblée sur les marchés étrangers. La montée en compétences des agriculteurs est une autre pièce du puzzle. L’accès à des formations sur les normes d’exportation, la logistique, l’emballage et la certification est indispensable pour aligner les productions locales avec les standards internationaux. L’État est appelé à jouer un rôle catalyseur. Le rapport recommande vivement la mise en place de mécanismes d’incitation – subventions, allègements fiscaux, investissements publics – pour stimuler les exportations agricoles. Une politique volontariste dans ce domaine permettrait non seulement de soulager les marchés locaux parfois saturés, mais aussi d’augmenter les revenus des agriculteurs et de créer une source de devises pérenne pour l’économie nationale. À l’instar des dattes Deglet Nour qui ont su s’imposer à l’international, la fraise algérienne peut devenir une ambassadrice rouge de la nouvelle Algérie agricole. Si les investissements sont bien orientés, si les circuits sont organisés, et si les acteurs publics et privés agissent de concert, le secteur pourrait s’imposer comme un moteur économique structurant dans les années à venir. Du champ à l’assiette, la fraise algérienne ne demande qu’à franchir les frontières.

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