Crise diplomatique majeure:
Alger expulse 12 agents français en représailles à une arrestation à Paris

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Par Mohamed Tahar Aissani—/—  

Une tempête diplomatique sans précédent secoue les relations entre Alger et Paris. Le gouvernement algérien a ordonné, ce lundi 14 avril, l’expulsion de douze agents de l’ambassade de France à Alger, leur laissant 48 heures pour quitter le territoire national. Une décision lourde de sens, qui témoigne d’un durcissement inédit depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962.

Selon le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, cette mesure serait une réaction directe à l’arrestation en France de trois ressortissants algériens, dont un agent consulaire en poste à Paris. Une source diplomatique relayée par Le Figaro évoque un climat de tension sans précédent entre les deux capitales. L’escalade a commencé après que les autorités françaises ont placé en détention un fonctionnaire du consulat algérien à Paris, dans le cadre d’une enquête liée à l’affaire Amir Boukhors, plus connu sous le pseudonyme d’Amir DZ — un opposant controversé et harrag en France. Les faits remontent à 2024 et porteraient sur un présumé enlèvement impliquant le diplomate algérien, une accusation que l’Algérie rejette catégoriquement. Dans un communiqué au ton ferme, le ministère algérien des Affaires étrangères a dénoncé une atteinte grave à la souveraineté diplomatique, qualifiant la procédure judiciaire en cours d’« inédite, inacceptable et injustifiée ». Alger exige la libération immédiate de son représentant, tout en appelant au respect des conventions internationales, notamment celles encadrant les privilèges et immunités diplomatiques.

Paris s’étonne, Alger persiste

Du côté français, la surprise est totale. Jean-Noël Barrot a déclaré dans une note transmise aux médias : « J’appelle les autorités algériennes à revenir sur cette décision de bannissement, qui n’a aucun lien avec la procédure judiciaire en cours. En cas de maintien, la France se verra contrainte de réagir immédiatement.» Les douze personnes expulsées seraient toutes issues du ministère français de l’Intérieur, selon Le Figaro, ce qui laisse entrevoir une volonté ciblée d’Alger de riposter contre un acteur précis de l’État français. Le silence de l’Élysée et de Matignon, à cette heure, témoigne du caractère sensible et imprévisible de cette crise. Cette escalade diplomatique survient dans un contexte de tensions régionales croissantes, notamment entre l’Algérie et certains membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), comme le Mali ou le Niger, sur fond de redéfinition des alliances géopolitiques. Elle intervient aussi quelques jours seulement après la visite officielle de Jean-Noël Barrot à Alger, une visite qui visait pourtant à apaiser les relations et relancer les projets de coopération bilatérale mis à mal depuis plusieurs mois.

Dans un message clair, Alger a rappelé que ce développement s’inscrit dans une volonté ferme de défendre ses intérêts et l’intégrité de ses représentations à l’étranger, promettant de ne pas laisser cet incident sans suite.

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