On s’attendait a une réaction d’Alger suite à l’arrestation d’un agent consulaire algérien, c’est fait. Le ministère des AE algérien a notifié à l’ambassadeur de France en Algérie sa décision d’expulser dans les 48 heures à compter de lundi 14 avril douze agents travaillant à l’ambassade de France, tous étant attachés au ministère français de l‘intérieur. Paris a vite répondu en déclarant qu’ils appliqueraient la réciprocité.
C’est à nouveau le coup de force entre les deux pays. Est–ce le cas pour les deux présidents? Il ne fait aucun doute qu’aussi bien Emmanuel Macron qu’Abdelmadjid Tebboune ont été pris de court par ce qui vient de se produire. Vont–ils tomber dans le piège que Bruno Retaillau leur a tendu car tout le monde sait aussi bien à Alger qu’à Paris que le ministre de l’intérieur est derrière tout cela. Ce dernier qui éprouve une haine viscérale envers l’Algérie a tout tenté pour envenimer les relations entre les deux pays. Ces tentatives concernant l’abrogation de l’accord de 1968 et les fameuses réponses graduées dont l’une d’elles concernait l’expulsion des ressortissants algériens en possession d’un passeport diplomatique et qui étaient exemptés de visa selon l’accord de 2014 ayant visiblement échoué, il fallait donc trouver autre chose et monter d’un cran pour remettre en question la visite que venait d’effectuer à Alger le ministre des affaires étrangères, Jean Noel Barrot. Cette affaire de l’agent consulaire qui se serait livré à un acte criminalisant qui est loin d’être prouvé provoquant son arrestation et sa mise en examen par le parquet anti terroriste est l’œuvre de cercles politiques hostiles à l’Algérie. Bruno Rétaillau en fait partie, s’il n’est pas lui-même le maître d’œuvre comme le pensent beaucoup de personnalités politiques françaises qui ont ce souci commun de conserver des bonnes relations avec l’Algérie. Ce qui bien évidemment n’est pas du tout le cas avec l’actuel ministre de l’intérieur. Ce dernier veut la «peau» de l’Algérie et Alger, sans l’exiger expressément, fera tout pour contrecarrer les agissements de ce ministre devenu l’ennemi public numéro un de l‘Algérie et des Algériens. Comme il l’a dit lui même au cours de débats où il était l’invité dans les plateaux de la télévision française lorsqu’on l’interrogeait sur la relation en dents de scie entre la France et l’Algérie, son cœur reste meurtri par la perte de l’Algérie. Son père a combattu en Algérie et ce qu’il a retenu de cette guerre, citant son géniteur, c’est l’abandon par la France d’une terre qui avait été annexée comme le fut la Corse avant 1830. Quand un homme politique affirme une telle chose même s’il met de telles paroles au crédit de son propre père et de surcroit quand il occupe un poste clé, celui de l’intérieur, au gouvernement il n’ y a pas photo. Le ressentiment anti algérien est bien présent en lui. Il est en fait héréditaire. Ce legs paternel il veut le porter haut et il fera tout pour le disséminer graduellement à travers des décisions scélérates envers les Algériens même s’il prétend le contraire car lorsque cet homme parle de l’Algérie l’hypocrisie ruisselle par sa bouche. Quant à la décision d’Alger d’expulser douze agents travaillant à l’ambassade de France en Algérie et dont les noms et les fonctions figurent sur une liste transmise à M. Stéphane Romanet, l’ambassadeur de France en Algérie, une telle décision n’a pas été prise à la légère, loin de là. En fait c’est la réponse du berger à la bergère car ces agents sont, comme nous l’avons dit plus haut dans cet article, sous l’autorité directe du ministre de l’intérieur et ne reçoivent des ordres et missions que de lui. Jean Noel Barrot a tort de soutenir ce ministre qui n’a cessé de lui mettre les bâtons dans les roues. Serait–ce plutôt par fierté que le ministre français des affaires étrangères compte appliquer à son tour la réciprocité en ordonnant l’expulsion d’agents travaillant à l’ambassade d’Algérie à Paris. C’est probable et on peut même dire que c’est de bonne guerre. Néanmoins ce jeu d’échec qui se joue entre les deux capitales désignera forcément un perdant. Lequel d’entre les deux pays prononcera le terme fatidique «Echec et Mat» Les prochains jours ou les prochaines semaines nous le révéleront.
