Sécurité et droits humains:
Une approche algérienne intégrée

0
73

D’Alger  Kheireddine Boukhalfa—/—

Le ministre de l’Intérieur, des collectivités locales et de l’aménagement du territoire, M.Brahim Merad, a inauguré ce lundi au Centre international des conférences Abdellatif Rahal, un important séminaire scientifique consacré aux méthodes d’enquête et de surveillance du trafic de migrants et de la traite des êtres humains.

En effet, ce rendez-vous de haut niveau, organisé en présence de nombreux responsables et experts internationaux, notamment le président de l’Université Naif des sciences de sécurité, Dr. Abdul Majid Ben Abdullah Al Banyan, ainsi que le directeur régional de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), témoigne de la volonté croissante de la communauté internationale de faire front commun face à ces crimes transnationaux. Ainsi, dans son allocution d’ouverture, le ministre a souligné que la forte participation à cet événement reflétait une prise de conscience accrue de la gravité des phénomènes de trafic de migrants et de traite humaine. Il a salué la présence de délégations issues de pays frères et amis, preuve d’un engagement partagé à lutter contre ces formes modernes d’esclavage. Le séminaire, selon lui, constitue une plateforme précieuse pour l’échange d’expertises et de savoir-faire. Il offre l’occasion d’examiner les méthodes d’enquête les plus récentes permettant de démanteler les réseaux criminels opérant dans ce domaine, tout en discutant des défis juridiques liés à ces techniques et de la nécessité absolue de respecter les droits de l’Homme tout au long du processus. Le ministre a tenu à rappeler que le trafic de migrants et la traite des êtres humains comptent parmi les crimes les plus dangereux pour les sociétés contemporaines. Ces activités, a-t-il précisé, génèrent d’énormes profits pour les réseaux criminels qui exploitent la détresse humaine à des fins purement lucratives. Ce type de criminalité, en constante mutation, tire également profit de son articulation avec d’autres trafics, notamment ceux de drogues, d’armes et des circuits terroristes. Face à cette complexité, il devient impératif de mettre en place une réponse coordonnée et intégrée entre les États et les organisations internationales afin d’assurer une protection efficace des victimes et de mieux cerner les ramifications de ces réseaux. S’inscrivant dans la vision du président Abdelmadjid Tebboune, l’Algérie a adopté selon le ministre ces dernières années une approche globale pour lutter contre ces crimes transfrontaliers. Cette stratégie repose sur des piliers juridiques, sécuritaires, opérationnels et humanitaires. Elle vise à s’adapter aux nouvelles méthodes utilisées par les trafiquants, tout en renforçant les moyens de protection et de soutien aux victimes. Dans ce cadre, les autorités algériennes ont promulgué en 2023 un nouveau cadre législatif conforme aux standards internationaux. Cette législation prévoit des mécanismes précis pour détecter les cas de traite, sanctionner sévèrement les auteurs, et protéger les victimes. Une Commission nationale de lutte contre la traite des êtres humains a également été mise en place afin d’assurer le suivi des actions et la coordination interinstitutionnelle. Sur le plan opérationnel, les forces de sécurité continuent de renforcer leur vigilance et leur présence sur le terrain. Plusieurs réseaux criminels spécialisés ont été démantelés avec succès, et des efforts sont en cours pour moderniser les techniques d’investigation, notamment à travers l’usage de technologies avancées de surveillance et d’analyse. Parallèlement, la législation nationale a été enrichie de mesures spécifiques pour améliorer la prise en charge des migrants victimes de ces crimes. L’État veille à leur garantir un accompagnement complet, aussi bien sur les plans sanitaire, psychologique que social. L’Algérie accorde une importance particulière au renforcement de la coopération avec les organisations onusiennes, notamment l’OIM. Grâce à une coordination étroite avec son bureau à Alger, plus de 8 000 migrants en situation irrégulière ont pu être rapatriés en 2024. Un programme ambitieux est également en cours de préparation pour l’année en cours, témoignant d’un engagement durable. Le ministre a également mis en avant le rôle crucial du travail commun avec les pays du monde arabe, d’Afrique et de la Méditerranée. La coopération bilatérale et multilatérale représente, selon lui, un levier essentiel pour faire face aux défis de la migration irrégulière et obtenir des résultats durables. Enfin, M.Merad a insisté sur l’importance du partenariat avec l’Université Naif des sciences de sécurité, institution pionnière dans la formation des professionnels de la sécurité et le développement de politiques communes au niveau arabe. Cette collaboration permet de renforcer la réflexion stratégique et d’élaborer des réponses concertées face aux enjeux complexes de la traite humaine et du trafic de migrants.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici