Catastrophes naturelles:
L’Etat adopte un nouveau cadre juridique

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Par Kheireddine Boukhalfa—/—L’Algérie franchit un cap important dans sa politique de gestion des catastrophes naturelles. Le Journal Officiel a publié dans son dernier numéro le Décret exécutif n° 25-132 du 27 avril 2025, fixant les modalités d’élaboration, d’amendement, de mise à jour et d’exécution des plans généraux de prévention des risques de catastrophes.  En effet, ce décret impose désormais qu’un plan soit élaboré pour chaque type de risque, qu’il s’agisse de séismes, d’inondations, d’incendies ou d’autres aléas majeurs. Objectif : réduire la vulnérabilité des populations, des biens et de l’environnement face à ces dangers, en s’appuyant sur une approche anticipative, fondée sur des données fiables et partagées. Chaque plan sera donc conçu à partir de données et statistiques collectées auprès des administrations et des partenaires concernés. Ces informations permettront de dresser une cartographie précise des zones à risque et d’installer un système national de veille. Ce dernier permettra une surveillance permanente de l’évolution des menaces, et facilitera le déclenchement rapide des systèmes d’alerte, structurés selon trois niveaux : national, local (zone, ville, village), et par site. Un dispositif d’alerte citoyen sera également mis en place pour informer la population en cas de probabilité ou d’imminence d’une catastrophe. Le texte prévoit aussi l’organisation d’exercices de simulation, à l’échelle nationale ou locale. Ces exercices permettront de tester l’efficacité des plans de prévention, mais aussi de former et sensibiliser les citoyens aux bons réflexes à adopter en situation de crise. Les plans devront également délimiter des zones de servitude et de non-constructibilité, afin d’éviter toute implantation humaine ou infrastructurelle dans des secteurs identifiés comme dangereux. Des mesures spécifiques seront également prévues pour les constructions déjà existantes dans ces zones. L’élaboration des plans est placée sous la responsabilité du ministre en charge de la prévention des catastrophes, en collaboration étroite avec le ministère de l’Intérieur. Une commission spécialisée a été créée pour veiller au suivi de chaque plan, à son actualisation et à sa bonne exécution. Elle regroupe des représentants des différents secteurs concernés. Par ailleurs, le texte prévoit l’implication active du réseau thématique des risques majeurs, des organismes de recherche ainsi que des associations spécialisées, afin de garantir une approche scientifique et participative dans la conception des plans. Les plans généraux de prévention auront une validité de dix ans, et seront approuvés par décret exécutif. Le ministère pilote devra prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la mise en œuvre effective des dispositions prévues dans chaque plan, en coordination avec les départements ministériels concernés. Avec ce nouveau cadre réglementaire, l’Algérie entend se doter d’un dispositif robuste et évolutif face à la montée des risques naturels. Une démarche proactive qui place la prévention, l’anticipation et la coordination interinstitutionnelle au cœur de la gestion des crises.

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