Algérie –France:
Une rupture des relations diplomatiques n’est pas à exclure

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Au train où se déroulent les événements dont l’accélération des réponses fermes adoptées par les deux pays ne favorise nullement l’espoir d’un apaisement, il y a fort à craindre que l’on s’achemine vers l’irréparable, autrement dit la rupture des relations diplomatiques avec tout ce que cela implique pour la communauté algérienne résidant en France.

La décision prise par le parquet anti terroriste de Paris de mettre en examen un autre fonctionnaire algérien travaillant au sein du personnel diplomatique dépendant de l’ambassade d’Algérie en France qui aurait un lien supposé d’avoir été mêlé au rocambolesque kidnapping de l’influenceur algérien qui racontait sur Tik Tok des histoires inventées de toutes pièces sur le pouvoir politique algérien. Cette dernière mesure est une réponse française à l’expulsion de fonctionnaires consulaires français venant remplacer ceux qui avaient été auparavant expulsés par les autorités algériennes et qui provoqua immédiatement la réciprocité d’expulsion  en nombre identique de la part des autorités françaises qui a concerné des agents consulaires algériens. S’il faut ajouter le refus d’accréditation de 17 consuls algériens qui devaient prendre leurs postes  aux consulats algériens en France répartis dans presque toutes les régions de ce pays, cela fait beaucoup en matière de sanctions. Rappelons aussi qu’il n’y a plus d’ambassadeurs des deux pays dans les capitales respectives de ces deux pays. Y aurait-il de la part de l’Algérie un remake de ce qui s’était passé entre l’Algérie et l’Espagne quand ce pays avait reconnu unilatéralement la «marocanité» du Sahara occidental ?Pour rappel  notre pays  avait rompu ses relations diplomatiques avec Madrid ce qui avait provoqué un déséquilibre conséquent dans les échanges économiques et commerciaux entre la péninsule ibérique et l’Algérie mais au détriment de l’Espagne, ce qui poussa ce pays à revoir partiellement sa position sur le Sahara occidental, position certes insuffisante mais qui avait satisfait l’Algérie. Depuis lors les relations diplomatiques, politiques, économiques et commerciales ont repris et même revigorées. Cependant l’Espagne n’est pas la France. Les espagnols, personnels politiques, économiques ou même au niveau de la population n’ont pas ce différend  mémoriel qu’ont les français vis à vis de l’Algérie. Pesant le pour et le contre ils ont compris que leurs intérêts, dans tous les domaines penchaient plus du coté de l’Algérie que du coté du Maroc, pays qui ne leur apporte aucune valeur ajoutée, pire que cela il est devenu une plaie béante concernant le  flux migratoire continu  passant par l’enclave de Ceuta et Melilla, que le Maroc envisage à présent de «marocaniser», ce qui est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.  Entre la France et l’Algérie il y a  ce passé colonial et colonialiste qui pèse encore lourd dans les relations entre les deux pays. La France a certes officialisé l’indépendance de l’Algérie au lendemain du référendum d’autodétermination qui eut lieu en ce tout début de juillet 1962 mais moralement et cela concerne tous les français sans exception cette indépendance de l’Algérie passait mal dans les esprits. La nostalgie de cette Algérie faisant partie intégrale de la France ne les a jamais quittés même si les générations post 68 n’y pensent plus beaucoup. Il n’en demeure pas moins qu’au niveau de la classe politique le courant droitier modéré n’existe plus, il est remplacé par une radicalité dont le fondement est identitaire et complètement nostalgique d’une grandeur qui n’existe plus. C’est ce courant qui gouverne aujourd’hui la France  et les Algériens au niveau de ce courant n’ont plus leur place. Seulement coincés par une légalité constitutionnelle qui les empêche de dé-citoyenniser les algériens ayant acquis la nationalité française, ils se rabattent sur une importante présence de nos compatriotes bénéficiant d’un titre de séjour ou parce que les accords signés entre les deux pays en 1968 leur donnent le droit d’être présents sur le sol français. La dégradation constante ces derniers temps des rapports entre les deux pays est le signe avant coureur d’une rupture diplomatique entre les deux pays qui engendrera et pour longtemps un arrêt brutal des déplacements de nos compatriotes en France puisque il y aura automatiquement une diminution quasi totale d’octroi des visas  de tous ceux et de toutes celles qui ont pris l’habitude de se rendre régulièrement en France. Le plus préoccupant néanmoins c’est la situation future de nos résidents disposant d’un titre de séjour dans l’hexagone. S’il y a rupture diplomatique tous ceux dont le titre de séjour aura expiré seront obligés de retourner en Algérie et ils sont des dizaines de milliers à être dans ce cas. Enfin en ce qui concerne les franco algériens si pour l‘Etat algérien ils sont considérés et le seront toujours comme algériens à part entière, pouvant venir comme bon leur semble dans le pays de leurs aïeux avec un passeport français ou algérien ou même avec une simple carte d’identité algérienne, en France on les regardera en chiens de faïence mais les franco-algériens connaissent cela depuis longtemps et cela ne fera pas plier leur détermination à rester en France et se battre pour leurs droits qui sont et resteront quoi qu’on en dise français.

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