Logistique:
L’Algérie réarme sa flotte pour soutenir ses exportations

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Par Kheireddine Boukhalfa—/—Après des années d’immobilisme et de déclin, la flotte algérienne de transport maritime logistique entame sa reconquête. Sous l’impulsion du ministère des Transports, dirigé par Said Sayoud, l’Algérie amorce une vaste opération de récupération de ses navires immobilisés à l’étranger, symbole d’un redressement tant attendu par les opérateurs économiques.

En effet, c’est lors d’une rencontre organisée par le ministère du Commerce extérieur avec les exportateurs que le ministre des Transports a levé le voile sur cette initiative. « Deux navires bloqués à l’étranger seront rapatriés dans les tout prochains jours », a annoncé Said Sayoud. Le premier, immobilisé au port belge d’Anvers, est attendu cette semaine. Le second, stationné à Istanbul, retrouvera lui aussi les eaux algériennes sous peu. Dans ce sillage, le ministre a assuré que cinq autres navires, confrontés à des situations similaires, font l’objet de démarches actives pour leur récupération. Une stratégie offensive qui vise à remettre sur pied une flotte stratégique pour le développement des exportations du pays. La paralysie partielle de la flotte nationale trouve ses racines dans une série de dysfonctionnements. « Trois navires ont été détournés par un armateur étranger suite à un partenariat mal encadré », a reconnu le ministre. Grâce à des négociations, un accord a été trouvé pour que ces bateaux continuent d’opérer tout en assurant des retombées économiques à l’Algérie, leur propriétaire légitime. En parallèle, le ministère envisage l’affrètement de nouveaux navires pour renforcer les capacités logistiques, un signal fort en direction des exportateurs qui peinent à trouver des solutions de transport adaptées. Cette reprise tombe à point nommé. L’économie algérienne, en pleine phase de diversification, mise désormais sur les exportations hors hydrocarbures. Or, l’absence d’un outil maritime fiable entrave l’élan des producteurs nationaux, en particulier dans l’agroalimentaire, les matériaux de construction et l’électroménager. Pour répondre à cette urgence logistique, Said Sayoud a évoqué l’ouverture d’une nouvelle ligne maritime vers l’Est méditerranéen, avec pour horizon le Golfe, incluant le Qatar, Oman et l’Arabie saoudite. Cette initiative viendra compléter la ligne déjà opérationnelle vers l’Afrique de l’Ouest reliant la Mauritanie et le Sénégal, ainsi que des projets de connexions avec le sud de l’Europe. Mais tout n’est pas encore réglé. Le ministre a tenu à rappeler que la Compagnie nationale algérienne de navigation (CNAN) souffre toujours d’un déficit de compétitivité face aux armateurs européens.  « Nous devons faire en sorte que nos ports et notre flotte deviennent un vrai levier économique, pas un handicap », a-t-il déclaré. Dans cette optique, les ports algériens sont désormais opérationnels en continu, 24 heures sur 24, une mesure récemment décidée par le président Abdelmadjid Tebboune. Les premiers résultats de cette réforme sont encourageants selon le ministre, même si « beaucoup de travail reste à accomplir ». Enfin, côté ciel, l’offre de fret aérien reste embryonnaire. Air Algérie ne dispose actuellement que d’un seul avion cargo. Said Sayoud a toutefois annoncé qu’un deuxième appareil pourrait être acquis si la demande le justifie. Il s’est également dit ouvert à l’idée d’ouvrir une base cargo à l’aéroport de Tlemcen, voire à la généraliser à d’autres aéroports du pays. Le réveil de la flotte maritime algérienne s’inscrit dans une logique de redéploiement économique plus large. Si les défis restent nombreux — rentabilité, gestion, compétitivité —, les premières mesures prises laissent entrevoir une volonté politique claire : faire du transport logistique un atout au service de l’économie nationale

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