Les relations économiques entre l’Algérie et la France:
D’un coté la carotte de l’autre le bâton

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Le patron de CMA –GCM, Rodolphe Saadé a été reçu dernièrement par le président Tebboune. L’entretien que le chef de l’Etat a eu avec ce dirigeant d’un groupe français aussi important en dit long. Ce n’est pas une audience ordinaire. Rodolphe Saadé est un proche d’Emmanuel Macron. Il est possible de penser que ce dirigeant ait fait le déplacement à Alger en tant qu’envoyé spécial  à titre officieux du président français.

Il faut dire que cette crise diplomatique qui a un prolongement politique entre les deux pays commence à avoir des répercussions sur le plan économique même si globalement il y a un certain équilibre qui se maintient  notamment dans le domaine de l’énergie. Sur le plan commercial par contre la France est en train de perdre des parts de marché. Après la fin de non recevoir par l’OAIC  de l’offre française de vente de blé et le très probable achat par l’Algérie de quantités considérables de blé russe qui interviendra après la clôture de l’appel d’offre. Il y a aussi ce choix algérien d’acheter des bovins ailleurs qu’en France comme on le faisait auparavant. Faut –il ajouter  la toute dernière mesure d’acheter de  la poudre de lait  en provenance d’Afrique, laissant de coté celle made in France?  Cela en fait beaucoup. Faut –il également souligner les restrictions drastiques des importations de produits considérés comme non essentiels dont la France était la premiere bénéficiaire, cela donne à penser qu’il y a derrière ce tas de renonciations algériennes une manière de faire comprendre à la France que l’Algérie peut à tout moment se passer d’elle. Les fournisseurs traditionnels français de l’Algérie constatent avec une peine non dissimulée qu’un client aussi important que l’Algérie soit en train de regarder ailleurs. Les pertes enregistrées, coté français ne sont pas du tout négligeables, elles se chiffrent en milliards d’euros. Le lien entre la crise diplomatique  et politique qui existe entre les deux pays est vite établi même s’il n’apparait pas de manière directe, du moins en apparence. Les filières commerciales concernées voient d’un œil envieux leur remplacement par l’Italie, l’Espagne, le Portugal et jusqu’à la lointaine Slovénie. Que dire alors de la Chine, de la Russie et jusqu’aux Etats –Unis. Cette perte d’influence commerciale est ressentie par le patronat français comme une impuissance à laquelle il faut remédier. Le MEDEF  n’est pas du tout branché sur la ligne politique actuelle concernant l’Algérie et il l’a fait clairement savoir en faisant des déclarations qui sont en porte à faux avec celles exprimées par le gouvernement français où se trouvent des ministres dont l’ambition est de rompre tout lien avec l’Algérie. Il se trouve que s’il existe réellement une dégradation des rapports commerciaux causant un déficit en termes de balance à la France, en ce qui concerne le partenariat économique existant entre les deux  pays les choses ne sont pas  si mauvaises que cela. Il ya un consensus concernant le maintien d’un équilibre. Bien sûr il y a quelques ajustements qui ont été faits ou qui sont en train de se faire concernant les clauses d’un tel partenariat qui n’est plus stratégique mais seulement tactique. L’exemple du maintien de l’usine Renault dans cette équation partenariale est à cet égard significatif. Cette présence du constructeur automobile français est aujourd’hui non pas remise en cause mais repensée. Cela aurait été impensable du temps de Bouteflika. Plus maintenant avec Tebboune car les règles ont complètement changé. Renault n’est plus tout seul dans le juteux marché de l’automobile en Algérie. Ce constructeur se trouve en face de concurrents redoutables comme Fiat, les sud coréens et bien sur les chinois. Le français est pris en tenailles. Pour continuer d’exister et conquérir des parts de marché qu’il ne cesse de perdre au profit de ses concurrents il doit, ou bien faire ce qu’il fait au Maroc, nettement plus privilégié en terme d’accord de partenariat que ne l’est l’accord conclu au temps de Bouchareb entre la maison mère et le ministère algérien de l’industrie de l’époque.  Se mettre au diapason de la croissance de l’Algérie qui ne faiblit pas et qui ne fait qu’augmenter tel est le défi que lance l’Algérie à la France si ce pays  veut toujours maintenir un partenariat convenable. Il semble que le message a été entendu à l’Elysée d’où cette visite du patron de la CMA-GCM en Algérie et l’audience que ce dernier a eu avec le chef de l’Etat algérien.              

 

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