Visite de Tebboune en Italie:
Un séisme diplomatique qui secoue Paris et Rabat, et suscite l’intérêt de la presse mondiale

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La récente visite d’État du président Abdelmadjid Tebboune en Italie, du 23 au 24 juillet 2025, a non seulement renforcé les liens entre Alger et Rome, mais a également provoqué des ondes de choc perceptibles à Paris et à Rabat, tout en captivant l’attention de la presse internationale, témoignant des enjeux géopolitiques et économiques majeurs en Méditerranée.

Accueilli chaleureusement par le président Sergio Mattarella et la Première ministre Giorgia Meloni, et même reçu par le Pape Léon XIV au Vatican, le séjour de M. Tebboune en Italie a été marqué par la signature de plus d’une vingtaine d’accords bilatéraux, notamment dans le secteur stratégique de l’énergie. L’Algérie, premier fournisseur de gaz de l’Italie, a réaffirmé sa volonté de consolider ce partenariat, l’Italie affichant son ambition de devenir un hub énergétique pour l’Europe. En Italie, la visite a été largement saluée par la presse italienne, qui a mis en avant le caractère « historique » et « stratégique » de ce rapprochement. Les médias italiens, ainsi que les communiqués officiels, ont souligné la volonté de Rome de renforcer sa sécurité énergétique en diversifiant ses sources d’approvisionnement, l’Algérie étant présentée comme un partenaire « fiable » et « vital ». Les accords signés entre Sonatrach, et le géant italien de l’énergie, Eni (notamment un contrat de partage de production de 1,3 milliard de dollars et un protocole d’accord sur la transition énergétique), ont dominé les titres. La Première ministre Giorgia Meloni a clairement exprimé l’ambition de l’Italie de devenir une « passerelle énergétique » pour l’Europe, un objectif qui serait « impossible à atteindre sans la précieuse coopération de l’Algérie ». La presse a également insisté sur la diversification des accords, couvrant l’industrie, l’éducation, la santé, les télécommunications, l’agriculture et la sécurité (lutte contre le terrorisme et gestion des migrations), soulignant la profondeur et l’étendue de ce nouveau partenariat.

Inquiétude et « agacement » à Paris

En France, le rapprochement jugé « chaleureux » entre Alger et Rome n’est pas passé inaperçu, suscitant même un certain « agacement » et une « douleur » dans certains cercles médiatiques et politiques. Des médias français, notamment ceux du « courant Bolloré », ont exprimé une forme d’humiliation, voyant dans cette visite un affront et une perte d’influence significative pour la France. Des analystes ont souligné que l’Algérie, en renforçant ses liens avec l’Italie, semble « choisir délibérément de placer tous ses enjeux dans le panier italien », au détriment de la France. Ce repositionnement stratégique algérien, notamment dans le domaine énergétique, est perçu comme une menace directe aux intérêts économiques français et à son rôle traditionnel dans la région. La presse française a notamment évoqué des pertes de contrats estimés à plusieurs milliards d’euros pour Paris.

Lectures contrastées à Rabat

Au Maroc, la visite a été scrutée avec une attention particulière, mais l’interprétation qui en a été faite diffère notablement de celle d’Alger. Si la presse algérienne a salué un « nouveau jalon » dans les relations bilatérales, certains médias marocains atteints d’une jalousie maladive ont qualifié la visite de « ratée » heureusement ils sont les seuls à avoir remarqué la défaillance de cette virée italienne. Selon cette presse aux ordres le président Tebboune, a mis plus d’un ans à pouvoir convaincre Mélonie  à adhérer à sa position  sur la question du Sahara occidental. Ne s’est pas trompé le ministre de la santé marocaine à confirmer la débilité de plus de 48% des sanaghila. Sans honte bue, des titres marocains ont même parlé de « marginalisation » de Tebboune à Rome et d’une diplomatie algérienne confrontée à ses « propres impasses », soulignant l’isolement présumé d’Alger face à la marocanité du sahara occidental alors que la presse algérienne a rapporté une « convergence » de vues avec l’Italie sur le droit à l’autodétermination, les déclarations officielles italiennes et la couverture médiatique axée sur  cette position commune. De son la presse internationale a globalement rendu compte de la visite en soulignant son importance pour les dynamiques régionales. Nombre d’observateurs ont relevé le contraste entre la solidité affichée des liens italo-algériens et les relations tendues entre Alger et Paris. Le renforcement des relations algéro-italiennes est souvent analysé comme une tentative de l’Algérie de diversifier ses partenaires européens, en particulier face aux frictions avec la France et, dans une moindre mesure, avec l’Union Européenne sur certains dossiers. La presse américaine a couvert la visite du président Tebboune en Italie avec un prisme principalement axé sur la géopolitique de l’énergie et les dynamiques de pouvoir en Méditerranée, souvent en lien avec les intérêts américains dans la région et la situation globale. Les médias américains ont largement rapporté que l’Italie cherche à renforcer sa sécurité énergétique et à devenir un « hub » pour l’Europe, notamment après les tensions avec la Russie. L’Algérie est identifiée comme un partenaire clé dans cette stratégie, avec des accords significatifs signés entre Sonatrach et Eni. L’accent est mis sur la diversification des sources d’approvisionnement européennes et la résilience face aux chocs géopolitiques.  La visite du président Tebboune en Italie, au-delà de ses succès bilatéraux affichés, a mis en lumière les dynamiques complexes et les rivalités sous-jacentes en Méditerranée, où les partenariats énergétiques et les enjeux géopolitiques redessinent les cartes des alliances régionales, provoquant des réactions intenses et contrastées chez les voisins français et marocains, et une analyse nuancée de la part de la presse mondiale.

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