L’appel au dialogue  avec l’Algérie de Mohamed VI:
L’empreinte américaine n’est pas exclue

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 Le roi du Maroc à son accoutumée se montre conciliant avec « le peuple frère algérien avec lequel les deux peuples partagent des points communs » Ce genre de phrase le souverain les récite à chaque discours commémorant la fête du trône célébrée chaque année le 29 juillet. Elle n’est donc pas surprenante mais, car il y a un mais, le roi parle cette fois–ci du conflit qui l’oppose à l’Algérie, celui du Sahara occidental.

Il y a un changement de ton que tout observateur avisé admet. Est –ce le commencement d’un changement de position sur la question épineuse du Sahara occidental ? Il est trop tôt pour le dire et se prononcer là-dessus. Toujours est-il qu’après les invectives et les discours de haine provenant du Maroc qui concernent exclusivement l’Algérie ce discours royal s’assimile presque à un aveu de culpabilité. Est –ce que c’est sincère ou c’est simplement de la supercherie comme c’est le cas à chaque fois ? Il y a quand même une question qu’il faut poser. Est –ce que l’émissaire de Donald Trump qui vient d’effectuer une tournée maghrébine qui s’acheva au Maroc  a-t-il fait pression sur le souverain marocain lui demandant de tendre la main à l’Algérie car la situation actuelle entre les deux pays ne peut durer ? C’est vraisemblable et c’est même très probable car souvenons –nous des paroles prononcées par l’émissaire américain à propos de la question sahraouie. N’a-t-il pas dit : « La question du Sahara occidental n’est pas absolument fermée ». Ce ne sont pas des paroles en l’air ou une phrase de complaisance pour plaire aux Algériens. Ce n’est pas le genre d’un tel connaisseur des questions arabes, s’agissant de Massad Boulos. Si ce dernier a dit cela c’est qu’il avait l’aval de Trump dont le conflit latent existant depuis des années entre l’Algérie et le Maroc commence à l’agacer sérieusement car il y a deux conflits auxquels cette Amérique fait face actuellement et qui énervent particulièrement Donald Trump, s’agissant de l’Ukraine et Ghaza. Un troisième conflit dans une région hautement sensible sur le plan sécuritaire qui risque de se muer en confrontation directe est une option inenvisageable pour le président américain qui voit ainsi son action pour mettre fin aux guerres ne pas avancer d’un iota.  L’émissaire américain a certainement fait pression sur le roi du Maroc en lui suggérant (comprendre par là ordonnant) de faire le premier pas vers son voisin algérien non pas en prononçant des phrases creuses qui sont d’habitude exprimées et qui ne changent rien au fond du problème mais en parlant cette fois –ci d’une possibilité de se parler à deux pour trouver une solution consensuelle sur le sujet qui fâche le plus , celui de la résolution du problème sahraoui. On devine que la pilule est amère à avaler pour le roi car jusqu’à présent pour lui la « marocanité »  du Sahara occidental n’est pas négociable. Or le simple fait qu’il prône un dialogue avec un pays avec lequel  cette question de la «marocanité » de ce territoire ne passe pas et trouvera toujours une fin de non recevoir de sa part  est en soi  un changement significatif. Le tout est de savoir comment et de quelle manière mettre en scène un tel dialogue. La diplomatie du secret va entrer en scène et les Américains ne seront certainement pas loin. Quelle sera la réaction de l’Algérie après un tel appel au dialogue ? Deux options se dessinent. La première c’est de faire la sourde oreille comme si rien d’important ne s’est passé. La seconde est de répondre avec beaucoup de nuances au roi du Maroc mais sans pour autant se réjouir de manière inconsidérée à cet appel du souverain marocain. Quoi qu’il en soit c’est le domaine réservé du président Tebboune  et le président de la république ne tardera pas à réagir d’une manière ou d’une autre. Toutefois une absence de réponse à cette invitation à prendre langue sera considérée par les Américains comme préjudiciable donnant l’impression que l’Algérie refuse toute solution autre que celle de l’ONU  et cela les Américains l’interprèteront comme un obstacle sachant bien que l’ONU est aujourd’hui dans l’incapacité de résoudre le problème du Sahara occidental. Les prochaines heures ou les prochains jours  nous donneront un aperçu sur la ou les réponses algériennes au discours de Mohamed VI.

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