Clients floués par les concessionnaires de véhicules:
L’État serre la vis

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Par  Kheireddine Boukhalfa—/—Deux ans après le lancement de l’importation de véhicules neufs par l’État, une vague de frustration persiste chez de nombreux citoyens algériens. Ces derniers, séduits par la perspective d’acquérir rapidement un véhicule, ont versé des avances à des concessionnaires sans jamais voir la couleur de leur bien… ni celle de leur argent.

En effet, face à cette problématique, le député Hocine Habchi a interpellé officiellement le ministère de l’Industrie sur le dossier, exigeant des clarifications et des mesures concrètes pour les clients lésés. Une initiative qui semble avoir porté ses fruits : dans une réponse écrite, le ministère a tenu à rappeler les droits des consommateurs et les obligations des concessionnaires automobiles, tout en détaillant les mécanismes mis en place pour encadrer ces transactions. Ainsi, le ministre de l’Industrie, Sifi Ghrieb, désormais Premier ministre par intérim depuis jeudi dernier, a réaffirmé que les concessionnaires sont tenus, selon les textes en vigueur, de rembourser les clients ayant versé un acompte et de les indemniser en cas de non-livraison des véhicules commandés. Conformément au décret exécutif n°22-383 du 17 novembre 2022, encadrant l’activité des concessionnaires de véhicules neufs, le cahier des charges impose des délais stricts : un véhicule neuf doit être livré dans un délai maximal de 45 jours après la commande.Ce délai peut être prolongé uniquement avec un accord écrit entre les deux parties.En cas de paiement intégral, la livraison doit avoir lieu dans les 7 jours. Or, dans de nombreux cas, ces délais n’ont pas été respectés. Pire encore : certains clients n’ont jamais reçu leur véhicule, ni même un début de remboursement. Pour faire face à ces abus, le ministère a annoncé la mise en place d’une plateforme électronique dédiée à la réception des plaintes et pétitions des clients lésés. Ce dispositif permettrait un suivi rigoureux des infractions, notamment celles liées à la collecte illégale d’acomptes pour des véhicules non disponibles. Selon la même source, ce mécanisme a déjà permis d’envoyer des avertissements officiels à plusieurs concessionnaires fautifs, d’obliger le remboursement des montants perçus, et même de procéder à l’indemnisation des clients à hauteur de 10 % des sommes versées. Le ministère appelle également les citoyens à mieux s’informer sur leurs droits, notamment concernant les modalités de commande et de livraison. Une manière d’instaurer davantage de transparence et de confiance dans un secteur encore trop souvent sujet à des pratiques opaques. La récente nomination de Sifi Ghrieb au poste de Premier ministre par intérim nourrit les espoirs chez les citoyens floués. Déjà engagé dans ce dossier en tant que ministre de l’Industrie, son accession à la tête du gouvernement pourrait accélérer les démarches de régularisation et pousser les concessionnaires à respecter, enfin, leurs engagements.

 

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