L’Algérie, un acteur de la solidarité:
Quand la diplomatie humanitaire s’affirme face à la trahison malienne

0
46

L’Algérie s’est positionnée, au fil des années, comme un acteur de premier plan de la solidarité internationale, notamment en direction des pays africains et arabes. Loin des projecteurs, le pays a mené une politique de bienfaisance et d’aide humanitaire qui s’est manifestée par l’annulation de dettes, l’envoi d’aides médicales et l’assistance en cas de crises.

Dans une démarche de solidarité panafricaine, l’Algérie a effacé la dette de 14 pays du continent. Cette initiative, saluée par de nombreux observateurs, visait à alléger le fardeau financier de ces nations et à favoriser leur développement. Les pays bénéficiaires de cet effacement de dette d’un montant de près de 902 millions de dollars sont : Bénin, Burkina Faso, Congo, Éthiopie, Guinée, Guinée-Bissau, Mauritanie , Mali, Mozambique,  Sao Tomé-et-Principe ,  Sénégal,  Seychelles, Tanzanie, Niger. Cette décision a été prise en 2013 et a été perçue comme un geste fort, reflétant l’engagement de l’Algérie en faveur de la coopération sud-sud. L’Algérie a également démontré sa solidarité en cas de crises humanitaires et sanitaires. Soutien au Mali : En plus de l’annulation de sa dette, l’Algérie a apporté une aide humanitaire au Mali, notamment en envoyant des cargaisons de médicaments et de vaccins, comme en 2022, avec l’envoi de doses de vaccins anti-Covid. Ces actions visent à renforcer les liens de bon voisinage et à contribuer à la stabilité de la région.  L’aide s’est poursuivie avec l’envoi de colis alimentaires et de fournitures scolaires pour la population malienne dans les zones frontalières. Des produits alimentaires, du matériel médical, des vêtements et des tentes ont été envoyés pour venir en aide aux populations concernées.

L’ingratitude malienne, un revers pour la diplomatie algérienne

La crise ouverte entre l’Algérie et le Mali, matérialisée par la plainte déposée par Bamako devant la Cour internationale de justice (CIJ), a ravivé en Algérie un sentiment de trahison. Derrière l’incident du drone abattu se cache une profonde déception de voir un allié historique se retourner contre lui. Pour de nombreux observateurs, cette escalade judiciaire est l’acte le plus flagrant d’une ingratitude malienne grandissante, qui marque un échec cuisant pour la diplomatie algérienne dans son propre voisinage. Pendant des décennies, l’Algérie a été le principal garant de la stabilité au Mali. Son soutien s’est manifesté sur plusieurs fronts : L’Algérie a orchestré les négociations qui ont abouti à l’Accord d’Alger en 2015, l’un des rares cadres de paix qui ait permis de stabiliser, même temporairement, le nord du Mali. Ce rôle de médiateur a donné à l’Algérie une influence majeure sur la scène régionale. Alger a apporté une aide financière conséquente à son voisin du sud et a même procédé à l’effacement de la dette malienne, un geste diplomatique et économique d’une grande valeur. Les deux pays ont longtemps collaboré pour contrôler leur frontière de 1 400 kilomètres, cruciale dans la lutte contre le terrorisme au Sahel.

Les actions de la junte malienne, perçues comme des trahisons

Depuis le coup d’État de 2020, les actions de la junte malienne ont été perçues par Alger comme une série de revers pour sa diplomatie. En dénonçant l’accord de paix qu’elle a elle-même signé, la junte a effacé d’un trait la médiation historique de l’Algérie, un pilier de sa politique étrangère régionale. Le choix de la junte de se tourner vers la Russie et d’accueillir les mercenaires du groupe Wagner sur son sol est un signal fort pour l’Algérie, qui voit d’un très mauvais œil la présence de forces étrangères aussi proches de ses frontières. En saisissant la justice internationale, le Mali a ignoré des décennies de partenariat et a choisi la voie du conflit public. Pour Alger, cette action est le point culminant de l’ingratitude, ignorant les avertissements de sécurité algériens concernant les violations de son espace aérien. Le sentiment d’ingratitude algérienne est d’autant plus fort que les actions de la junte malienne semblent profiter directement aux rivaux d’Alger. Selon certaines sources, l’incident du drone ne serait pas un simple fait divers, mais une provocation orchestrée par le Maroc et Israël, qui ont récemment renforcé leurs liens sécuritaires et cherchent à affaiblir l’Algérie sur la scène régionale/.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici