La crise diplomatique entre l’Algérie et le Mali a pris une tournure inattendue avec la décision de la junte malienne de déposer une requête devant la Cour internationale de justice (CIJ). Si Bamako accuse Alger d’avoir abattu un drone de son armée en territoire malien, une autre version des faits, largement relayée par des sources proches des autorités algériennes, met en lumière un scénario plus complexe, impliquant des acteurs régionaux et soulevant des questions de provocation.
En saisissant la CIJ, le Mali formalise sa version des faits : l’armée algérienne aurait abattu début avril un drone de l’armée malienne au-dessus de son propre territoire, Pour le gouvernement malien, cette démarche judiciaire est la dernière étape d’une escalade qui a déjà conduit les deux pays à fermer réciproquement leurs espaces aériens. Cependant, une version diamétralement opposée est avancée par des sources algériennes, jetant un tout autre éclairage sur l’incident et la plainte déposée. Selon ces sources, le drone abattu ne serait pas un simple drone de reconnaissance, mais un drone armé qui aurait déjà violé à plusieurs reprises l’espace aérien algérien guidé par des israélo-marocain, car le Mali ne dispose pas d’une telle technologie. Ce qui rendrait l’incident plus grave, c’est l’implication présumée de ces acteurs tiers. D’après cette version, le drone abattu aurait été guidé par des forces marocaines avec une importante assistance israélienne. L’Algérie a interprété ces violations comme des actes de provocation délibérés et a agi en état de légitime défense, l’objectif étant de mettre fin à une série de menaces à sa souveraineté et à sa sécurité nationale. Ce récit des événements éclaire sous un jour nouveau la réaction d’Alger, qui n’a pas admis que des forces étrangères, particulièrement russes avec le groupe Wagner, agissent si près de ses frontières, créant une zone de tension incontrôlable. Au-delà de l’incident du drone, le dépôt de plainte par le Mali est perçu par Alger comme une provocation, d’autant plus que l’Algérie a toujours été un allié et un soutien historique du Mali. L’Algérie a en effet soutenu le pays dans sa lutte contre le terrorisme, a négocié l’accord de paix d’Alger et a annulé des millions d’euros de dette malienne, ce qui rend l’attitude de Bamako d’autant plus difficile à comprendre pour le pouvoir algérien. La CIJ se retrouve donc au cœur d’un différend où, on dénonce un acte de guerre et une violation du droit international par une guerre de l’ombre impliquant des jeux de pouvoir régionaux, des milices privées et des alliances inattendues Maroc-Israel-Mali.
