France-Algérie:
Sarkozy ou l’art d’aboyer vers l’Algérie pour masquer ses propres casseroles

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Par Mohamed Tahar Aissani—/—Décidément, Nicolas Sarkozy n’a rien perdu de son vieux réflexe pavlovien : quand ses ennuis judiciaires refont surface, il ressort la carte Algérie. Comme son fils spirituel à l’Élysée, Emmanuel Macron, l’ex-président condamné pour corruption découvre soudain une passion virile pour le « durcissement » envers Alger.

Il fallait bien trouver un terrain d’entente avec l’extrême droite, histoire de donner l’illusion d’une stature politique qui n’est plus. Dans une interview offerte au Figaro – son confessionnal préféré – Sarkozy appelle à «davantage de fermeté» avec l’Algérie, comme si la France n’avait pas déjà multiplié les coups bas et les postures coloniales recyclées. Et le voilà qui joue les procureurs du droit international et des droits de l’homme, lui qui a vu sa carrière s’effondrer dans les prétoires à coups de jugements pour fraude électorale et financements libyens occultes. On croirait entendre un pyromane donner des leçons de sécurité incendie. Plus pathétique encore, l’ancien locataire de l’Élysée propose un marché de dupes à faire pâlir de honte un marchand d’esclaves : une expulsion de migrant algérien contre un seul et unique visa délivré. Comme si la dignité d’un peuple se négociait à l’unité sur un comptoir consulaire. Tel père, tel fils : Sarkozy ne fait que recycler l’obsession maladive de Macron pour les chiffres d’expulsions, histoire d’agiter un hochet devant les électeurs d’extrême droite. Dans le même souffle, Sarkozy enfile le costume du faux ami compatissant. Il assure faire confiance à la « générosité » du président Abdelmadjid Tebboune pour libérer deux «otages» français. Ironie de l’histoire : l’un d’eux, Boualem Sansal, purge une peine pour avoir remis en cause l’intégrité territoriale de l’Algérie. Un détail que l’ancien président, soudain converti en avocat des prisonniers d’opinion, préfère omettre. C’est qu’à force de jongler entre mensonge politique et manipulations judiciaires, on finit par croire que l’Histoire elle-même est un tribunal de commerce. Rappelons quand même que Sarkozy n’est pas un observateur neutre. Condamné dans plusieurs affaires, éclaboussé par des scandales à répétition, il reste le président qui a vendu son image à Kadhafi avant de bombarder la Libye en prétendu défenseur des droits humains. Aujourd’hui, il veut faire la leçon à Alger? On croirait entendre un faussaire dénoncer la contrefaçon. Au fond, Sarkozy ne fait qu’exprimer ce qu’il a toujours été un petit politicien français obsédé par l’Algérie, oscillant entre nostalgie coloniale et calculs électoralistes. Derrière ses tirades faussement fermes, on lit surtout la rancune d’un homme déchu, qui cherche dans la surenchère anti-algérienne un moyen de masquer ses propres naufrages. La vérité, c’est qu’Alger n’a plus besoin de répondre aux aboiements d’un condamné en mal de reconnaissance. Chaque mot de Sarkozy ne fait que confirmer une règle simple : quand Paris crie, c’est souvent qu’elle souffre de ses propres démons.

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