Ceux qui pensent ou s’évertuent à penser qu’au cours des 18 mois qui séparent Macron de la fin de son mandat il y aurait quelque décrochage du téléphone entre le président français et Algérien sont des naïfs impénitents. La célèbre expression du président Tebboune, empruntée à Henry quatre « Je n’irai pas à Canossa » reste plus que jamais d’actualité.
C’est terminé ces retours en arrière et ces vas et viens diplomatiques qui n’ont servi qu’à embrouiller les relations entre les deux pays au lieu de les rendre meilleures. Emmanuel Macron a franchi un cap qu’il n’aurait jamais du franchir. Ce cap c’est la reconnaissance par lui de la « marocanité » du Sahara occidental. Certes cette « marocanité » est une idée française exprimée déjà au temps de la présidence de Jacques Chirac mais bien qu’il en était l’auteur la France ne l’a jamais officialisée, s’en tenant à une neutralité toute relative et nuancée pour ne pas fâcher l’Algérie. Même Nicolas Sarkozy dont on connait la scélératesse envers l’Algérie n’avait pas osé franchir le cap. Bien sûr aujourd’hui il a changé d’avis n’étant plus président. Seul Emmanuel Macron l’a fait et on ne saisit pas toujours les raisons obscures de son choix. Pourtant cela marchait plutôt bien entre son homologue algérien. Il y avait entre eux ce quelque chose qui paraissait tellement réconfortant. Des accolades à profusion, des serrements de mains prolongés dont la durée était calculée en minutes, des sourires à se fendre les maxillaires. Le président algérien y croyait lui à cette marque de camaraderie ostentatoire affichée par son homologue français. Il ignorait cependant que se dissimulait derrière une telle façade une décision sombre qui allait éclater. Abdelmadjid Tebboune a décelé cette face cachée de la lune Macron lors du sommer du G7 à Barri quand il avait été invité par la présidente du conseil italien à y participer en tant qu’invité d’honneur. C’est avec le sourire que Macron, au détour d’une conversation amicale, asséna à son « camarade » Tebboune sa décision de reconnaitre la « marocanité » du Sahara occidental. Un instant le sourire figé du président algérien présageait une quelconque fureur. Il n’en fut rien. Gardant son calme que l’on peut qualifier d’olympien, le président algérien a quand même réagi à cette soudaine annonce en informant avec un demi sourire ou sourire feint, c’est selon, qu’une telle décision aurait des conséquences sur les relations entre les deux pays. Macron accusa le coup et continua hypocritement d’afficher une fausse sérénité en continuant à échanger des mots avec son homologue algérien durant la durée de ce sommet du G7. On sait aujourd’hui que le sort en était jeté comme le disait si bien Jules César en son époque en utilisant cette expression latine désormais célèbre « Aléa Jacta este » .tout le reste nous le connaissons et il est inutile de revenir là-dessus car tout ce qui était arrivé depuis ce sommet de Barri amenait inexorablement à une rupture des relations normales entre les deux pays. Dire aujourd’hui comme certains parlementaires français le préconisent qu’une rencontre entre les deux présidents devient indispensable c’est vraiment se fourrer le doigt dans le nez. Macron est allé trop loin dans sa démesure. Sa dernière décision qui a donné le feu vert à son ministre de l’intérieur dont la haine patente à l’encontre de l’Algérie est connue d’agir comme il l’entend envers ce pays prouve que le président français n’était pas sérieux car ses retournements de comportement devenus légendaires ont fait de lui un président infréquentable.Tant qu’il sera aux commandes de la France (pour combien de temps?) il n’ y aura jamais de possible contact entre lui et son homologue algérien.
