Ahmed Attaf et Jean Noel Barrot ont, tous deux pris soin de ne pas se croiser dans les salles du palais de verre de New York pour ne pas avoir à se saluer et encore moins à se serrer la main. Ainsi la crise entre les deux pays a été catapultée dans l’enceinte de l’ONU. Certes Attaf a assisté à la conférence donnée par Macron au cours de laquelle il a reconnu l’Etat de Palestine mais il s’est abstenu d’applaudir.
En marge de l’Assemblée générale qui se tient annuellement et qui a été marquée par la reconnaissance de l’Etat de Palestine par les derniers pays réticents jusqu’ici à l’instar de la France, du Canada n du Royaume–Uni, de l’Australie, du Portugal, de la Belgique, du Luxembourg, des principautés de Monaco, d’Andorre et de Saint Marin, la diplomatie algérienne qui n’est pas concernée à proprement parler par le vote solennel de l’AG qui a reconnu par les trois quarts de ses membres l’existence de la Palestine en tant qu’Etat a quand même voté. Rappelons que notre pays a été le premier Etat au monde à reconnaitre le droit de la Palestine à avoir un Etat, bien avant tous les autres pays les Etats arabes inclus. C’était au cours des années soixante dix. Néanmoins comme l’exige la réglementation onusienne l’Algérie exprima, pour la énième fois son vote pour un Etat palestinien dans les frontières d’avant 1967 comprenant la Cisjordanie, Ghaza et Jérusalem -Est pour capitale de cet Etat. En marge de ce grand moment que l’histoire retiendra Ahmed Attaf et Amar Bendjama diplomates chevronnés algériens dont la compétence mise constamment à l’épreuve par les ennemis de l’Algérie, déclarés comme tels ou camouflés est reconnue et même appréciée par les représentants de ce qu’on appelle le sud global mais aussi de deux membres permanents du Conseil de sécurité dont l’Algérie est membre non permanent que sont la Russie et la Chine. Nos deux diplomates ne se sont pas contentés uniquement d’applaudir ou d’entériner un fait que l’Algérie a appelé de ses vœux depuis plus de cinquante ans. Non ! Ils continuaient d’agir en coulisses. Pour l’un, s’agissant de Bendjama qui intervenait auprès des membres du conseil de sécurité qu’il rencontrait au passage, leur rappelant qu’ils doivent rester vigilants et ne pas laisser le temps s’ériger en usure rendant cette reconnaissance de la Palestine comme un évènement sans suite. Attaf de son coté ne perdait pas son temps en commentant ce qui venait de se passer dans l’enceinte de l’ONU. Il mettait plutôt à profit son passage au niveau de cette enceinte universelle en prenant contact avec ses homologues africains de l’est et de l’ouest du grand continent. Les discussions portent invariablement sur un resserrement des liens avec l’Algérie, liens déjà appréciés par une écrasante majorité d’Etats africains qui reconnaissent à l’Algérie ce rôle de cheville ouvrière qui a réussi à fédérer les points de vue jusque là éparpillés, les rapprochant de plus en plus et les rendant perceptibles . Cette diplomatie des coulisses est toujours terriblement efficace grâce au mouvement qu’elle suscite. Une chose est sûre la diplomatie algérienne a marginalisé un pays comme la France laquelle habituellement en cette exceptionnelle circonstance onusienne plaçait ses pions. Des pions que la diplomatie algérienne fait aujourd’hui tomber comme dans une partie d’échec ou l’élève a fini par surpasser le maître. A telle enseigne que la présence de Jean Noel Barrot, ministre français des affaires étrangères, au cours de cette tenue de l’AG de l’ONU n’était pas du tout visible au niveau africain. Attaf lui a ravi la vedette.
