La  reconnaissance de l’Etat de Palestine par Macron:
Comme  d’habitude, c’est  un coup à droite  et un coup à gauche

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Tout le monde, enfin tous ceux qui suivent de près sur ce qui se passe à Ghaza ont écouté le discours prononcé par le président français à la conférence dite conjointe avec l’Arabie saoudite où il prononça solennellement, selon lui, la reconnaissance par la France de l’Etat de Palestine. Sauf qu’il sous entendit à travers celle–ci qu’il le fait contre mauvaise fortune bon cœur.

Avant de prononcer cette phrase qu’il qualifie, selon lui, d’historique pour la France, le président français s’est lancé dans une longue diatribe en direction des juifs de France et d’Israël, se défendant d’être leur ennemi, puisque, comme il le dit, il avait été outré par l’attaque du 7 octobre 2023 et qu’il s’était rendu dans en Israël pour exprimer sa solidarité envers les victimes et les otages retenus par le Hamas. Ce préliminaire d’un discours se voulant décisif était long et ceux qui l’écoutaient se sont sans doute demandés, un moment, si Emmanuel Macron n’allait pas changer d’avis sur ce qu’il allait dire après un tel préambule qui ressemblait à un plaidoyer en direction des juifs du monde entier donnant l’impression qu’il leur demandait pardon d’avance sur ce qu’il allait faire, faisant comprendre qu’il devait  le faire pour les sauver du péril un peu comme Jésus de Nazareth sur la croix qui aurait dit selon un des évangiles « Père, pardonne leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ».  Ainsi Emmanuel Macron  se veut être le « Sauveur ». Après avoir énuméré les faits qui suivirent cette attaque du Hamas où il avait pris dans ses bras les parents de deux otages français et promis aux juifs de France de se tenir toujours avec eux dans ces circonstances dramatiques, le président français entra alors dans le vif du sujet en expliquant que la fin de ces massacres commis par le gouvernement israélien ne pouvait durer et que la seule solution pour suspendre le génocide et la déportation massive de 2 millions de palestiniens vers l’Egypte est un cessez le feu et la libération sans condition des 48 otages israéliens ou ce qu’il en reste. Autrement dit Macron conditionne sa reconnaissance totale et complète d’un Etat palestinien aux cotés d’Israël par cet imbroglio politico médiatique d’un arrêt des combats par le Hamas et la libération des otages encore retenus par lui. Or chacun sait que ce n’est pas le Hamas qui maintient cet état de guerre permanente que lui livre Israël mais c’est ce pays qui veut raser Ghaza et déporter la population de cette enclave en dehors de celle –ci. Macron le sait mais il n’insiste pas. En fait il se dérobe des faits et il le fait intentionnellement. Il sait pertinemment que tout ce qu’il dira dans cette enceinte des nations unies ne dépend pas de lui ou de sa reconnaissance de l’Etat de Palestine, reconnaissance qui aurait dû être faite depuis longtemps, au lendemain même des accords d’Oslo  et de l’abandon par l’OLP de la non reconnaissance de l’Etat d’Israël. Macron a attendu sciemment que la situation pourrisse au point qu’il est aujourd’hui difficile au moment ou Benyamin Netanyahu proclame avec son arrogance habituelle et son mépris pour le reste du monde qu’il a donné le feu vert pour la construction d’une ville de colons située à Jérusalem -Est censée devenir la capitale du futur Etat palestinien . Dans cette Cisjordanie grignotée jusqu’à l’os par une colonisation illégale sauvage et barbare d’une moitié de ce territoire quel avenir possible pour cet Etat de Palestine. Macron sait pertinemment que la partie est jouée et que c’est trop tard pour les belles intentions qu’il affiche. Au fond de lui il sait que tôt ou tard il y aura une guerre entre les pays arabes et l’entité sioniste car c’est ainsi qu’on continuera de l’appeler tant que ceux qui la gouvernent et ceux qui y résident ne se décident pas à évacuer totalement ce futur et hypothétique Etat palestinien de tous les colons juifs qui s’y sont implantés. Sans une telle solution toute perspective d’un Etat palestinien viable est vouée à l’échec. Cela Emmanuel Macron le sait très bien mais il se garde de le dire. En fait si vraiment on veut  connaitre la vérité sur cette décision du président français de reconnaitre l’Etat de Palestine il faut admettre l’hypothèse qu’étant quasiment en fin de son mandat présidentiel, sachant qu’il ne se représenterait pas, il veut sortir en beauté en voulant imprimer son nom dans l’histoire, pas celle de la France, car il sait que celle–ci est perdue pour lui, mais pour le reste du monde. Il  veut donner à celui –ci l’image d’un homme sage militant inlassablement pour la paix. Cela reste une posture, rien de plus.

 

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