Est –ce une coïncidence ce coup de fil passé entre le prince régnant du Qatar et le président Tebboune? Les plus avisés dans la géopolitique répondront non . Pourquoi ? Parce que tout simplement le Qatar est aujourd’hui centre de la médiation dans les discussions qui se tiennent actuellement à Doha entre le Qatar, l’Egypte, le Hamas, Israël et les Etats –Unis.
Ces discussions portent sur l’examen du premier volet du plan Trump pour Ghaza dans le but de faire cesser la guerre et envisager une solution de paix à long terme dans cette enclave palestinienne. Il faut aller vite car le président américain a donné trois jours au Hamas pour donner sa réponse et celle –ci est sans condition, à savoir la libération des 48 otages vivants et morts, la reddition de tous les éléments de l’organisation politique et militaire du Hamas et leur départ de Ghaza vers un pays où ils ne seront pas poursuivis. Le Qatar chargé, non de superviser les discussions mais d’en faciliter les points qui risquent de faire capoter celles-ci joue la montre. L’entretien téléphonique que son altesse El Tani a eu hier avec le président Tebboune a bien sûr porté sur l’état des relations bilatérales entre les deux pays, qui se portent d’ailleurs formidablement bien mais surtout sur la question palestinienne et particulièrement en ce qui concerne le plan Trump de 20 points auquel le Qatar adhère mais aussi des pays arabes et musulmans influents. Le Qatar n’ignore pas la position de l’Algérie concernant son soutien indéfectible à la solution à deux Etats avec El Qods comme capitale de l’Etat palestinien. Il n’ignore pas non plus le refus de l’Algérie de reconnaitre Israël avant l’établissement de l’Etat palestinien en Cisjordanie et à Ghaza. C’est là justement où l’intervention de son altesse royale auprès du président algérien prend son sens. Bien sûr le contenu de ce coup de téléphone entre les deux dirigeants n’est pas divulgué et on comprend pourquoi car les discussions qui ont lieu en ce moment même à Doha avec les intervenants cités plus haut se déroulent pour ainsi dire sur le fil du rasoir. Ramener le Hamas à capituler c’est-à-dire à accepter toutes les conditions émises par Trump et Netanyahu , autrement dit remettre dans les trois jours qui viennent tous les otages à leur plus grand ennemi, se désarmer en fournissant les preuves de leur désarmement c’est-à-dire, non seulement déposer dans un endroit visible pour l’armée israélienne tout l’équipement militaire en possession des combattants, du moindre pistolet automatique au lance roquettes mais aussi indiquer sur carte tous les souterrains et caches qui n’ont pas encore été détruits. Enfin et c’est sans doute le point le plus emblématique de ce que ce qui reste du Hamas qui acceptera ou non le départ de ce qui reste de combattants vers un pays de leur choix en exigeant la garantie que leur vie sera préservée et qu’Israël renonce définitivement à ne pas les tuer dans quelques années comme l’entité sioniste a la sinistre habitude de le faire, qui est devenue d’ailleurs sa spécialité depuis sa création. La question qui se pose et elle est importante est celle –ci : Est-ce que le prince El Tani a proposé au président Tebboune d’adhérer au plan Trump comme l’ont fait beaucoup de pays arabes et musulmans mais aussi est –ce que son altesse royale a demandé au chef de l’Etat s’il acceptait d’accueillir en Algérie les combattants du Hamas qui auraient émis le souhait d’être secourus et protégés par notre pays. Des propositions non officielles certes car elles restent secrètes mais qui ont tout leur sens dans cet entretien téléphonique entre les deux chefs d’Etat et qui ont porté entre autres sur la question palestinienne. Les prochains jours ou les prochaines heures nous fixeront sur la position de l’Algérie concernant le plan Trump.
