La libération de Sansal et les commentateurs de la chaine raciste Cnews

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Sur la chaîne CNews  des commentateurs et éditorialistes ont exprimé des positions très critiques, interprétant la grâce accordée à Boualem Sansal suite à l’intervention allemande comme un camouflet (une « gifle ») pour la France et un « cadeau à l’Allemagne ». Ces derniers se sont souvent exprimés sur cette chaine raciste et xénophobe en particulier avec les algériens, par leurs positions très fermes sur les questions de souveraineté et les relations franco-algériennes. L’argument principal est que l’Algérie, en acceptant la demande du président allemand Frank-Walter Steinmeier alors que la France avait elle-même multiplié les efforts diplomatiques et les appels au « geste humanitaire » pendant de longs mois, a cherché à humilier ou à discréditer l’action française. Pour ces commentateurs, le fait que la libération ait eu lieu sous la demande amicale de Berlin et non de Paris symbolise l’échec de la diplomatie française, jugée trop timorée ou trop faible face à Alger. Certains considèrent que l’Algérie a délibérément fait traîner le dossier et a choisi de répondre favorablement à l’Allemagne pour des raisons politiques, montrant que l’écrivain a servi de « monnaie d’échange » et que l’Algérie peut choisir son partenaire diplomatique pour de telles faveurs. L’idée que la France, patrie des droits de l’homme et dont Sansal est un citoyen, ait été incapable d’obtenir sa libération directement, est vue comme une « claque » ou une « gifle » à ce que la France prétend incarner sur la scène internationale. L’autre facette de l’analyse est que la grâce présidentielle a été un geste politique ciblé de la part du président algérien Abdelmadjid Tebboune envers l’Allemagne. L’Algérie aurait ainsi cherché à renforcer ses relations bilatérales avec Berlin, partenaire économique important, en montrant une marque de « respect » ou d’amitié qui contrastait avec les tensions régulières notamment sur le Sahara Occidental entre l’Algérie et la France. Même si la demande allemande était officiellement humanitaire pour des raisons de santé, afin que Sansal puisse être soigné en Allemagne, les commentateurs français critiques estiment que l’Algérie a transformé cet acte humanitaire en un acte politique, destiné à récompenser l’Allemagne et à sanctionner la France. En bref, ces réactions ont utilisé cet événement pour dénoncer ce qu’elles perçoivent comme une baisse d’influence de la France sur la scène internationale, en particulier dans ses relations avec l’Algérie. De son coté et contrairement aux intervenants de Cnews, le gouvernement français, par la voix de Sébastien Lecornu, a choisi une posture de pragmatisme diplomatique. En exprimant le soulagement et en remerciant les parties prenantes, il cherchait avant tout à faire passer l’humanitaire avant le politique l’essentiel était la libération de l’écrivain. Préserver les relations bilatérales et toute critique ouverte de la décision algérienne aurait pu envenimer des relations déjà complexes. À l’inverse, les voix critiques, souvent ancrées à droite ou à l’extrême droite du spectre politique, ont transformé cet événement en un procès de la souveraineté française. Pour elles, le fait que le Président algérien ait semblé accepter la demande de l’Allemagne plutôt que celle de la France est la preuve d’un affaiblissement national et d’une perte d’influence.

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