Correspondance locale—/—
La presse locale est, par vocation, le miroir des préoccupations citoyennes. Elle expose les carences, les difficultés quotidiennes et les urgences qui minent le tissu social et économique : les robinets à sec face aux fuites d’eau massives sur la voirie, les files d’attente interminables devant des banques sous-dimensionnées, les projets vitaux qui s’éternisent, le calvaire subit par le citoyens face à la bureaucratie impitoyable et un environnement urbain dégradé par l’incivilité.
La question, que tout citoyen se pose, est simple et lancinante : Nos responsables locaux lisent-ils la presse ? Et, surtout, prennent-ils les décisions qui s’imposent face à ces problèmes criants ? Le paradoxe est insupportable. Alors que la sécheresse du robinet est une menace constante et que de nombreux foyers subissent des restrictions d’eau drastiques, la même population est témoin de fuites d’eau monumentales sur le réseau, laissant des milliers de litres s’échapper jour après jour. Une réaction rapide, des équipes mobilisées 24h/24, et des investissements dans la rénovation du réseau sont urgents. Cette négligence est un affront à la politique de rationalisation des ressources hydriques. La période actuelle, marquée par une forte demande de devises et des besoins financiers accrus, transforme la visite à la banque pour le retrait de devises ou à la poste pour le dinar en un véritable parcours du combattant. Des dizaines, voire des centaines de clients, s’entassent devant des agences qui ne disposent souvent que d’un ou deux guichets opérationnels. Ce manque criant de personnel ou d’organisation est un frein direct à l’activité économique et un générateur de frustration collective. L’amélioration de l’accueil et du service est une décision de gestion qui ne peut plus être reportée. sur un autre plan l’espace public est également gangrené par des comportements qui témoignent d’un flagrant manque de civisme et d’application des lois. Les sonorisations diurnes agressantes et le vrombissement incessant des grosses motos et voitures équipées d’échappements libres dégagent de très fortes décibels, agressant la tranquillité des riverains, des malades et des écoliers. L’inaction face à cette pollution sonore illégale pose la question de l’autorité. Des contrôles stricts et des sanctions immédiates sont les seules réponses à ce type d’incivilité. S’y ajoutent les problèmes récurrents des « pakingueurs » illégaux qui extorquent de l’argent aux automobilistes sans aucune base légale, la présence de jeunes enfants trimballant sur la voie publique et vendant des papiers-mouchoirs, mettant dans la gêne ou même l’insécurité,des femmes qui sont souvent harcelées par ces gamins les forçant à acheter leur produit avec la complaisance des parents. Ces scènes interpellent sur le devoir d’assistance sociale et de protection de l’enfance. Enfin, le manque d’hygiène dans certains quartiers ou lieux publics complète ce tableau, exigeant une révision des politiques de propreté urbaine et de collecte des déchets.
L’attente des décisions
Il ne suffit pas de lire la presse ou de prendre acte des rapports. La responsabilité d’un élu ou d’un responsable local se mesure à sa capacité à transformer l’information en décision exécutoire et le problème en solution concrète. Face à ces carences, la presse continuera de jouer son rôle de vigie et de porte-voix. Il est temps que l’autorité publique, à tous les niveaux, assume pleinement le sien : celui d’agir, de sanctionner l’incivisme et de concrétiser les projets pour améliorer réellement la vie des citoyens. L’attente n’est plus à la dénonciation, mais à la démonstration d’une volonté politique ferme et efficace.
