Une eurodéputée expose les « vraies intentions » derrière la mobilisation française pour Sansal

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Par Kheireddine Boukhalfa—/
La députée française au Parlement européen, Rima Hassan, a déclenché une véritable onde de choc en accusant des responsables et des médias français d’avoir tenté d’exploiter l’affaire Boualem Sansal à des fins politiques inavouées. Selon elle, la mobilisation autour de ce dossier n’avait qu’un objectif : s’immiscer dans les affaires internes de l’Algérie et ouvrir la porte à des débats déplacés, notamment sur la question migratoire, au détriment des intérêts algériens. En effet, ces révélations marquantes surviennent dans un contexte déjà tendu, où la crédibilité du traitement médiatique français sur les dossiers sensibles liés à l’Algérie est régulièrement remise en cause. Dans un témoignage minutieusement documenté, l’eurodéputée d’origine palestinienne affirme que la liberté d’expression brandie par certains médias en France n’est souvent qu’un slogan, déconnecté des pratiques réelles. Rima Hassan relate qu’Olivier Pirro (Le Monde) et Charlotte Belaïch (Libération) l’ont sollicitée pour un entretien. Mais, face à ce qu’elle qualifie de « mépris des règles éthiques, diffamation, atteintes à la vie privée et citations inventées », elle a exigé que les échanges se fassent uniquement par écrit afin d’éviter toute falsification de ses propos. Sur X, le 29 novembre 2025, elle écrit : « après avoir constaté leur légèreté, j’ai demandé des questions écrites. Pour protéger les lecteurs et garantir la transparence, je publie ici toutes les questions envoyées le 24 novembre 2025, ainsi que mes réponses, afin que chacun puisse juger de leurs méthodes et de la manière dont ils manipulent les faits dans leur prochain livre». Elle ajoute que les questions reçues s’apparentaient davantage à une interview pour les chaînes CNEWS ou JDD, ce qui l’a poussée à refuser l’entretien. Ainsi, interrogée par les deux journalistes sur sa position lors du vote visant à demander la libération de Boualem Sansal en janvier 2025 – et sur un éventuel appel à ses collègues de La France Insoumise à voter contre – l’eurodéputée répond sans ambiguïté : « le texte a été inscrit à l’agenda par une coalition de la droite et de l’extrême droite, signé notamment par Marion Maréchal-Le Pen». Elle affirme dans ce sens que cette résolution n’était qu’un prétexte pour provoquer une escalade diplomatique avec l’Algérie. Plusieurs amendements ajoutés par la droite européenne visaient à relier l’affaire Sansal à d’autres dossiers : immigration algérienne, influenceurs algériens, voire une remise en question de l’accord d’association entre l’UE et l’Algérie. « J’ai proposé des amendements pour améliorer le texte, mais ils ont été systématiquement rejetés. Les interventions lors du débat ont majoritairement été le fait de députés français de droite et d’extrême droite, dont l’objectif premier était d’attaquer l’Algérie », affirme-t-elle. Pour Rima Hassan, voter contre cette résolution ne signifiait pas s’opposer à la libération de Boualem Sansal, mais refuser une instrumentalisation politique orchestrée par l’extrême droite. Elle rappelle que Sansal lui-même avait décliné le soutien de ces groupes. L’eurodéputée pointe également la responsabilité directe de l’État français dans ce dossier : « Paris n’a pas utilisé tous les moyens diplomatiques disponibles pour obtenir sa libération », accuse-t-elle, laissant entendre que la France a privilégié une posture rigide, héritée d’une vision quasi-coloniale, croyant pouvoir imposer sa position à Alger. Une stratégie qui s’est soldée, dit-elle, par un échec cuisant de la diplomatie française. Par ailleurs, Rima Hassan affirme également avoir été interrogée sur un entretien qu’elle avait eu avec l’ambassadeur d’Algérie à Bruxelles le 18 décembre. Une question qu’elle juge révélatrice de « suspicions infondées » autour de tout contact institutionnel avec l’Algérie. Elle précise que cette rencontre avait été annoncée conformément aux règles du Parlement européen et qu’il s’agissait d’une réunion « totalement routinière » dans le cadre des travaux de la commission des affaires étrangères et de la sous-commission des droits de l’homme.

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