Les « affabulations populaires » d’un ancien ministre français:
Quand le décalage fait rire

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Le contraste entre les affirmations de Retaillau l’ex-ministre de l’intérieur français et la réalité perçue en Algérie est frappant et source de beaucoup de sarcasmes. Nous mettons en évidence les affirmations jugées fantaisistes et le décalage avec la réalité algérienne.
En effet l’actualité politique internationale nous offre parfois des moments de pure comédie, où l’auto-persuasion le dispute au ridicule. La récente sortie d’un ancien ministre français, affirmant selon saon ami Boualem Sang Sale qui le lui aurait dit, jouir d’une popularité retentissante au sein du peuple algérien, tout en dénonçant une supposée « coupure » entre les autorités d’Alger et ses citoyens, est de ceux-là. Cette assertion, plus proche de la fanfaronnade que de l’analyse politique, a provoqué un tolé amusé et, surtout, une vague de scepticisme généralisé, y compris et surtout en Algérie. Cette Algérie imaginaire du candidat à la présidentielle française. Il faut le dire sans ambages : l’idée qu’un politicien, souvent perçu à travers le prisme d’une certaine droite française, puisse se targuer d’une «cote» significative auprès du public algérien relève de la pure affabulation comme si le peuple algérien est disposé à voter pour luià laplace des français. C’est une construction chimérique, destinée à un auditoire interne, à la recherche d’une posture de « franc-parler » sur la scène internationale. La réalité est bien différente. Pour une large majorité d’Algériens, ce nom est, au mieux, inconnu, et au pire, associé à des figures politiques dont les positions sur l’Algérie sont souvent vues comme héritières d’une époque révolue ou simplement mal informées. L’autre volet de cette affirmation concerne la prétendue « coupure » entre le peuple algérien et ses dirigeants. Bien que les débats internes sur la gouvernance soient vifs et constants — une caractéristique de toute société démocratique ou en transition — le jugement sur cette relation appartient aux Algériens, et non à un observateur extérieur. Ce genre de déclaration a pour effet de décrédibiliser son auteur en Algérie, où il est immédiatement perçu comme une ingérence déplacée et une méconnaissance crasse des dynamiques sociales et politiques du pays. Le rôle de « porte-parole » autoproclamé du peuple algérien est un costume que l’opinion publique d’Algerie ne permet à personne d’endosser, et certainement pas à un ancien ministre étranger.
La quête d’un auditoire crédule
En fin de compte, l’objectif de ces déclarations semble moins de décrire la réalité algérienne que de conquérir des esprits crédules sur la scène nationale. C’est une tentative de se positionner en homme providentiel qui ose « dire la vérité » sur des sujets internationaux complexes, quitte à s’appuyer sur des bases factuelles plus que fragiles. Comme l’a ironiquement souligné un certain «Boualem», une figure manifestement ignorée par l’ancien ministre mais qui lui a servi de caisse de résonance pour ses propos: «Quelle blague!» C’est le sentiment qui domine face à ce décalage saisissant : celui d’assister à une pièce de théâtre politique dont le scénario est écrit pour un public lointain, mais qui sonne faux à l’oreille de ceux qui vivent réellement l’Algérie. Ces moments sont un rappel que, dans le jeu politique, la recherche d’un auditoire prend souvent le pas sur la rigueur de l’analyse. Mais quand la réalité algérienne, avec son sens de l’humour et son pragmatisme, se manifeste, elle ne laisse place qu’à un rire moqueur.

 

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