L’Algérie Nouvelle:
Du romantisme révolutionnaire au réalisme géopolitique

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Le monde actuel est en plein bouleversement. Ne pas en tenir compte relèverait de l’aveuglement. Sous la direction de son Président, la politique extérieure de l’Algérie se réajuste au gré de changements souvent brutaux et soudains, lesquels ont porté un coup d’arrêt aux valeurs dictées par un droit international aujourd’hui disloqué. Ce qui se passe en ces temps fiévreux nous renvoie aux logiques d’antan : celles des empires et de la loi des conquêtes. Cette réalité rend vulnérable toute idée de recomposition équilibrée d’un ordre mondial, tel qu’il avait été imaginé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, lorsque la devise proclamée était « Plus jamais cela ». Malgré cette noble intention, les premières brèches de cet ordre étaient déjà apparues, menant inéluctablement au chaos actuel.
De l’esprit de 1954 à la souveraineté pragmatique
Lorsqu’en 1962, l’Algérie accéda à l’indépendance au prix d’un lourd tribut humain, l’intention des dirigeants, pour la plupart issus de la lutte armée, était imprégnée de l’esprit révolutionnaire. C’était la seule valeur qui comptait. Le nationalisme devint une valeur sacrée, au même titre que la foi religieuse, bien que certains aient tenté de transformer cette dernière en doctrine politique. Une dérive inacceptable pour cette génération de révolutionnaires qui avait fait du serment du 1er novembre 1954 une vertu cardinale non négociable. Nous connaissons la suite : un moment de bascule où il fallait choisir entre une continuité agonisante et une vision d’avenir où l’Algérie s’ouvrirait au monde sans préjugés. C’est cette voie qu’a choisie la nouvelle direction politique, refusant tout carcan idéologique tout en préservant l’immuable principe de souveraineté nationale. Cette « Algérie Nouvelle » est aujourd’hui présidée par l’un de ses fils, ayant grandi dans un pays indépendant sans avoir appartenu à la « famille révolutionnaire » historique, laquelle s’efface naturellement avec le temps. Une nouvelle marque politique s’impose désormais, basée sur le réalisme et le pragmatisme plutôt que sur la nostalgie d’un temps révolu. La diplomatie algérienne s’adapte désormais à deux impératifs : Au niveau mondial, l’Algérie choisit de se conformer au droit international tout en plaidant constamment pour sa survie. Au niveau bilatéral, le pays a choisi de rompre avec une certaine vassalité qui a longtemps marqué ses rapports avec l’ancienne puissance coloniale, en dépit des dénégations passées.
Une diplomatie courtisée
Dans sa vision de l’ouverture, le président Tebboune exige un équilibre où chaque partie trouve son compte. Tout partenaire n’adhérant pas à cette approche basée sur la négociation plutôt que sur l’exigence unilatérale s’expose à une rupture franche. Cette vision porte aujourd’hui ses fruits. Qui aurait cru que l’Algérie serait ainsi courtisée par des nations avec lesquelles elle n’entretenait autrefois que des relations de pure forme ? Les États-Unis cherchent désormais à préserver leurs liens avec Alger, rompant avec les tensions du passé. La France a dû céder face à la volonté algérienne d’instaurer des rapports basés sur le respect mutuel, après avoir tenté en vain de maintenir un rapport de force durant des mois. Le Vatican : Qui aurait imaginé voir le Pape, chef de l’Église catholique, se rendre en Algérie, pays musulman à 99 % ? C’est là toute la substance de la nouvelle politique extérieure de l’Algérie : une nation souveraine, respectée et résolument tournée vers les réalités du XXIe siècle.

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