La mue spectaculaire du grand banditisme en Algérie:
Entre audace criminelle et riposte technologique

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Par Hocine Kedadria et agence—/—
L’Algérie assiste actuellement à une mutation profonde et inquiétante de sa criminalité organisée, marquée par des modes opératoires d’une audace inédite qui empruntent désormais aux codes du cinéma d’action et de la haute technologie.Les informations recueillies font état de l’affaire la plus emblématique de ce basculement qui reste sans doute le braquage de Hamadi, dans la wilaya de Boumerdès, où un groupe criminel a franchi un cap symbolique en érigeant un «faux barrage» de police. Déguisés en forces de l’ordre et lourdement préparés, ces malfaiteurs ont réussi à détourner 1,2 milliard de centimes appartenant à une société étrangère. Si la Gendarmerie nationale a promptement neutralisé la cellule et récupéré le butin, l’épisode révèle une logistique criminelle qui ne se contente plus de l’opportunisme, mais investit dans la mise en scène et la sophistication des moyens matériels. Cette montée en puissance de la violence et de la planification se manifeste également dans l’ouest du pays. À Oran, une agression à l’arme blanche d’une rare violence, perpétrée en plein jour contre un citoyen pour lui dérober ses bijoux, a secoué l’opinion publique. Là encore, la riposte a été chirurgicale : les unités de la BRI, s’appuyant sur l’œil infaillible de la vidéosurveillance, ont démantelé le réseau, prouvant que la réponse sécuritaire s’est elle aussi modernisée pour traquer les suspects jusque dans leurs tentatives d’effacer leurs traces, comme en témoigne la découverte d’une moto incendiée par les fuyards. Parallèlement à cette criminalité de rue spectaculaire, une menace plus insidieuse s’installe dans le paysage national : l’escroquerie numérique à grande échelle. À Aïn Defla, le démantèlement d’un réseau de 18 individus spécialisés dans le détournement de fonds publics illustre parfaitement cette dématérialisation du crime. En usurpant des identités officielles et en manipulant les systèmes de traitement de données, ces délinquants d’un genre nouveau exploitent les failles technologiques pour piller les ressources publiques. La publication inédite de leurs portraits par les autorités marque une volonté claire de rompre avec l’anonymat des cyber-criminels, signifiant que face à une criminalité qui change de visage, l’État algérien a décidé de durcir radicalement sa stratégie de dissuasion et d’investigation.

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