La visite de Marine Le Pen, l’ennemie jurée de l’Algérie et des musulmans au Québec a viré au fiasco diplomatique et médiatique, se transformant en un véritable chemin de croix pour la figure de proue du Rassemblement National. Loin de l’accueil protocolaire qu’elle espérait pour l’aider à peaufiner sa stature internationale, humiliée, la députée française a été accueillie par une hostilité manifeste et un mépris généralisé de la part de la classe politique et de la population québécoise. Désavouée par les officiels, elle n’a trouvé aucun interlocuteur de poids parmi les dirigeants locaux, qui ont scrupuleusement boudé sa présence, refusant d’être associés, de près ou de loin, à une idéologie qu’ils jugent incompatible avec les valeurs de la Belle Province. Sur le terrain, l’ambiance a été tout aussi électrique. Marine Le Pen a été copieusement huée et invectivée par des citoyens québécois, témoignant d’une détestation profonde qui a rendu ses déplacements particulièrement chaotiques. Face à cette adversité, la responsable politique a tenté une manœuvre de diversion en s’en prenant violemment à la presse de l’Hexagone. Dans une déclaration cinglante, elle a affirmé que les journalistes étrangers étaient « bien meilleurs » et plus impartiaux que les journalistes français, qu’elle accuse de militantisme constant à son égard. Cette énième attaque contre le quatrième pouvoir français n’a cependant pas suffi à masquer l’isolement total dans lequel elle s’est retrouvée tout au long de son séjour. Entre l’indifférence glaciale des cercles du pouvoir et la colère bruyante de la rue, ce voyage au Québec restera comme l’un des revers les plus cuisants de sa stratégie de normalisation à l’étranger
