Bologne:
L’effroyable agonie d’Abderahim Faker ou le retour du spectre des violences policières racistes

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Une onde de choc et une profonde indignation traversent l’opinion publique après la diffusion d’images insoutenables mettant en cause la police italienne. À Bologne, une intervention d’une violence inouïe a coûté la vie à Abderahim Faker, émigré marocain en Italie et entrepreneur âgé de 43 ans, en ce 19 juillet 2026 dans des circonstances qui rappellent cruellement les heures les plus sombres des violences policières mondiales. La scène, capturée en vidéo, montre la victime immobilisée au sol par plusieurs agents, subissant une contrainte physique extrême allant jusqu’à l’étouffement. Malgré ses cris de détresse et ses appels au secours désespérés, les forces de l’ordre ont continué à le ruer de coups avant de lui passer les menottes, le tout sous le regard passif de personnels médicaux présents sur place. Ce drame ôte à nouveau la vie d’un homme et ravive la cicatrice jamais refermée du calvaire de George Floyd aux États-Unis : même scène, même déshumanisation, même résultat tragique. Au-delà de l’horreur absolue de ces méthodes d’interpellation, cette affaire met une nouvelle fois en lumière un fléau systémique que les autorités s’efforcent trop souvent de minimiser : le ciblage et le traitement différencié des personnes issues de l’immigration, et plus particulièrement des Maghrébins. Bien que les raisons exactes de la mort d’Abderahim Faker n’ait pas été officiellement révélée, son patronyme suffit à réveiller les démons du racisme ordinaire et des dérapages sécuritaires qui gangrènent certaines forces de l’ordre en Europe. Pour un citoyen d’origine maghrébine ou perçu comme tel, le simple contact avec la police bascule trop fréquemment de la procédure standard à une démonstration de force disproportionnée, où le faciès semble dicter le degré de violence appliqué. Ce nouveau meurtre sous uniforme ne peut pas être balayé comme un simple fait divers ou une bavure isolée. Il s’agit d’un symptôme alarmant d’une impunité latente où la vie d’un  homme issu de la diversité semble peser bien moins lourd que le maintien d’un ordre brutal. Voir des professionnels de santé assister à une telle agonie sans intervenir pose également la question d’une complicité passive révoltante. Justice doit être rendue à Abderahim Faker, non seulement pour sanctionner les auteurs directs de cet acte abominable, mais pour exiger une refonte profonde des doctrines policières qui continuent de tuer en toute impunité au nom de la sécurité. Cette mort  d’un ressortissant marocain est passée inaperçue au Maroc et la presse du Makhzen n’a pas osé traiter cette affaire de peur de réveiller le démon Italien . Dans la couverture initiale de ces affaires, de nombreux médias marocains se cantonnent à un ton purement factuel ou administratif. Ils reprennent souvent les communiqués des agences de presse européennes ou de la police locale (évoquant par exemple une « interpellation qui a mal tourné », un « arrêt cardiaque » ou une « enquête en cours »), sans adopter immédiatement la grille de lecture du crime raciste ou du scandale d’État. À l’inverse, dans le contexte des tensions persistantes et de la guerre médiatique et diplomatique ouverte entre Rabat et Alger, la retenue disparaît. La moindre affaire interne en Algérie, qu’il s’agisse de contestations sociales, de dérapages sécuritaires ou de crises économiques, est immédiatement amplifiée, analysée et politisée par ces mêmes médias marocains. Les événements y sont présentés sous un prisme critique systématique.

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