Sur 1 300 kilomètres, l’Algérie prépare un vaste projet de transfert d’eau dans le Sud

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Par Mohamed Tahar Aissani—/—

L’Algérie prépare l’un de ses plus importants projets hydrauliques dans le Sud du pays, avec le lancement de l’étude du programme stratégique de transferts d’eau dit « Sud-Sud », appelé à s’étendre sur près de 1 300 kilomètres, de Béchar à Tindouf en passant par Béni Abbès. Le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a indiqué que ce projet constitue l’un des principaux leviers envisagés pour renforcer la sécurité hydrique dans les régions sahariennes. Il a précisé que l’étude en cours représente une étape déterminante avant la concrétisation de ce qui pourrait devenir l’un des plus grands projets de transfert d’eau jamais réalisés en Algérie. Ces déclarations ont été faites à l’occasion d’une visite de travail dans la wilaya de Béni Abbès, au cours de laquelle le ministre a inspecté le projet de transfert d’eau potable depuis la région de Zeghamra vers la ville de Béni Abbès, sur une distance de 45 kilomètres, en présence du wali et des responsables locaux. Après avoir pris connaissance de la situation du secteur de l’hydraulique dans la wilaya, le ministre a souligné que Béni Abbès avait bénéficié de plusieurs programmes structurants. Il a appelé à renforcer la coordination entre les différents intervenants, notamment les autorités locales et les services techniques, afin d’assurer une exécution efficace des projets et d’atteindre les objectifs fixés. Le programme « Sud-Sud » prévoit la réalisation d’un vaste réseau de transferts hydrauliques reliant les wilayas de Béchar, Béni Abbès, Tindouf et Timimoun. Il comprendrait également la construction d’un réseau de conduites destiné à collecter les eaux issues des forages, dont la longueur pourrait atteindre 600 kilomètres. L’étude du projet a été confiée à l’Agence nationale des ressources hydrauliques, en coordination avec les différents services techniques concernés. Elle devra permettre d’établir une conception globale fondée sur des données scientifiques précises relatives aux ressources disponibles, à la capacité des nappes souterraines et aux possibilités de transport de l’eau à travers un réseau régional intégré. Ce projet s’inscrit dans le cadre des orientations du président de la République visant à lancer une étude stratégique globale sur les transferts d’eau entre les régions du Sud. L’objectif est de soutenir le développement économique et social des zones sahariennes, tout en garantissant une répartition plus équilibrée des ressources hydriques entre les différentes régions du pays. Le directeur des ressources en eau de la wilaya de Tindouf, Abdelkader Slimane, avait précédemment indiqué qu’un groupement de bureaux d’études spécialisés avait entamé la collecte des données techniques et l’examen des différentes options envisageables. Il avait également annoncé l’achèvement de la première phase de l’étude et sa transmission aux autorités de tutelle. Une réunion technique avait été organisée en mai 2025 au siège du ministère de l’Hydraulique afin d’évaluer l’état d’avancement du dossier et de préparer la présentation technique de cette première étape au niveau central, avant la poursuite des autres phases du projet. À terme, cette infrastructure devrait contribuer à sécuriser l’approvisionnement en eau des populations, accompagner l’urbanisation et les activités économiques, soutenir l’agriculture saharienne et renforcer la résilience des régions du Sud face au stress hydrique

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