Céréales, bétail et hydrocarbures:
Le commerce français à l’épreuve des tensions avec Alger

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Entre 2025 et 2026, les exportations françaises vers l’Algérie ont subi un recul significatif : 2 milliards d’euros perdus pour le commerce français à destination de l’Algérie. Blé, bétail, volaille, mais aussi hydrocarbures. Cette baisse des importations algériennes est liée au contexte politique fluctuant qui a caractérisé les relations entre les deux pays. Certes, du côté algérien, on ne le dit pas clairement, mais on le laisse deviner. Du côté français, on a bien compris le jeu subtil algérien, mais on fait semblant que c’est sans conséquence. Erreur ! Ceux des exportateurs français qui en souffrent le plus et ils ne cessent de le répéter, sont les céréaliers, les éleveurs de bétail, la filière laitière et les volaillers. Tous ont constaté une perte substantielle de leur chiffre d’affaires. Particulièrement les céréaliers, qui vendaient la quasi-totalité de leurs productions à l’OAIC algérien à des prix préférentiels, parfois même surévalués. Mais cela, c’était au temps où tout baignait dans l’huile entre la France et l’Algérie. Une période faste pour les exportations françaises vers l’Algérie, qui venaient de signer un partenariat d’exception. Le temps des accolades et des coups de téléphone répétés entre Emmanuel Macron et son « ami » Abdelmadjid Tebboune ne dura pas longtemps. La douche froide a été provoquée par le président français, lequel a, inopinément, renversé une situation à laquelle l’Algérie ne s’attendait pas, du moins pas dans une telle proportion ni avec une telle soudaineté. C’est évidemment la reconnaissance par Emmanuel Macron de la « marocanité » du Sahara occidental. À partir de là, tout s’enchaîna dans le mauvais sens. Le partenariat d’exception appartient désormais au passé et l’on n’en parle plus, même après le dégel relatif de la tension entre les deux pays, qui avait atteint son paroxysme quelques mois plus tôt. Les choses ne sont plus les mêmes et ne le seront vraisemblablement plus jamais à l’avenir. On parle désormais de relations sécuritaires et de règlement de contentieux administratifs, mais rarement de commerce. On a laissé cela à l’initiative de ceux qui dirigent l’économie française. Ainsi, le MEDEF a tenté une approche auprès de ceux qui détiennent les leviers économiques en Algérie. Il y a eu des promesses de la part du patronat français, mais celles-ci ne se sont toujours pas concrétisées. En revanche, du côté des PME et de tous les intervenants français qui ont toujours, grâce à l’Algérie, touché le pactole et qui voient depuis deux ans leurs revenus dégringoler de manière significative, rien n’est entrepris. Les céréaliers et les éleveurs sont particulièrement concernés. Les autres pays importateurs, comme le Maroc ou la Tunisie, n’ont rien de comparable avec l’Algérie : la demande de ces deux pays représente tout au plus le tiers des exportations françaises de céréales. C’est inéluctablement une perte douloureuse pour les filières françaises céréalière, d’élevage, mais aussi laitière. Cette année 2026 restera gravée dans la mémoire des acteurs de ces filières. Si l’on y ajoute la sécheresse persistante qui touche la France entière, on aura fait le tour complet des conséquences de la politique d’Emmanuel Macron vis-à-vis de l’Algérie

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