Importations algériennes en provenance d’Asie:
Y aura t-il un risque d’alourdissement de la facture ?

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Bab El-Mandeb, cet autre détroit susceptible de compliquer les canaux traditionnels d’approvisionnement reliant le Moyen-Orient à l’Asie et, concomitamment, au reste du monde, y compris l’Algérie. Nous savons tous que le plus grand fournisseur de l’Algérie, concernant une très grande variété de produits, c’est la Chine. Or, ce pays emprunte le passage du détroit susmentionné pour rejoindre le canal de Suez, via la mer rouge, lequel débouche sur la Méditerranée. Si Bab El-Mandeb est, d’une manière ou d’une autre, bloqué, cela va poser un énorme problème pour nos importations via l’Asie, principalement de la Chine, notre premier partenaire commercial. Bien sûr, ce pays pourra contourner l’obstacle en empruntant la route maritime la plus longue, à savoir celle qui passe par le cap de Bonne-Espérance (Afrique du Sud). Ce trajet, plus long que celui traditionnellement emprunté (le canal de Suez via la mer Rouge), aura un coût de transport substantiel, ce qui sera répercuté sur la facture de nos importations de Chine ou de tout autre pays de la sphère asiatique. En fait, une partie de ce que nous gagnerons de la vente de nos hydrocarbures sera déversée pour payer une facture alourdie de nos importations. On n’en est pas encore arrivé à ce stade car, selon le porte-parole des Houthis, qui contrôlent 30 % du territoire yéménite et se sont emparés très récemment de Mokha, située à l’embouchure du détroit de Bab El-Mandeb par où passent tous les bateaux et conteneurs provenant d’Asie, la circulation dans cette voie maritime ne sera pas perturbée, sauf pour l’Arabie saoudite et tous les pays qui la soutiennent. En toute apparence, la Chine ne fait pas partie des pays visés par les Houthis. Il est donc très probable que nos importations en provenance de Chine ne soient pas perturbées. Néanmoins, cela donne quand même à réfléchir, et l’Algérie le fait souvent quand il est question de ses approvisionnements à l’étranger. Il n’est pas exclu que nos experts économiques réfléchissent à des solutions alternatives qui protègeraient, en cas de conflit régional susceptible de perturber nos importations, des produits essentiels. La situation du monde dans lequel nous vivons devient de plus en plus complexe. Il se trouve que l’Algérie a choisi l’ouverture en matière économique, avec tous les risques que cela comporte. Le choix fait par l’Algérie, surtout depuis l’investiture du président Tebboune à la tête de l’État de ne plus vivre en vase clos comme par le passé, implique une vision analogue à celle des pays émergents ou de ceux qui visent l’émergence. Cette option est irréversible, car on ne peut revenir en arrière au risque de perdre tous nos atouts, qui font de nous à l’heure présente un pays nourrissant de grandes ambitions économiques. Les défis auxquels l’Algérie doit faire face sont énormes, mais pas insurmontables. Le tout est de savoir faire un tri intelligent afin de maintenir le cap. Une date à retenir : celle de 2030, celle du décollage de l’Algérie et de son entrée dans le monde des grands.

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