Le ministre des Finances, Mohamed Lamine Lebbou, a dévoilé en partie le contenu du projet de loi de finances (PLF) 2027. Celui-ci sera consacré prioritairement à la croissance économique, sans oublier le rôle du pouvoir d’achat, qui sera déterminant. Ainsi, les subventions les plus à même de le soutenir sont maintenues, voire augmentées. Face à une inflation d’un niveau élevé ces derniers mois, bien qu’elle ait connu un fléchissement au cours des premiers mois de l’année, le pouvoir d’achat des citoyens subit un coup loin d’être négligeable. Les catégories les plus vulnérables de la société se plaignent constamment de l’érosion persistante de leur niveau de vie. Il semble que leurs doléances aient été prises en compte par le gouvernement qui, sur instruction ferme du président de la République, a pris les choses en main. Ainsi, selon le ministre des Finances, 5,5 milliards de dollars seront consacrés aux subventions des produits de large consommation. La plus importante part des subventions est consacrée aux transferts sociaux : 18,5 milliards de dollars sont réservés à l’allocation chômage, aux augmentations de salaires et aux aides sociales. À cela s’ajoute l’instruction présidentielle de ne pas augmenter les impôts touchant les revenus des salariés. Bien que la conjoncture mondiale pousse de nombreux États à réduire leurs dépenses publiques, l’Algérie a fait le pari de relever le défi. Le budget 2027 sera le plus équilibriste que le pays ait connu au cours des vingt dernières années. Il faudra donc assurer des rentrées financières. Le gouvernement compte sur les hydrocarbures le pétrole et le gaz naturel, mais aussi le gaz naturel liquéfié (GNL). La situation demeure favorable grâce au blocus du détroit d’Ormuz ; il faudra en profiter au maximum, car ces revenus financeront en partie les subventions gouvernementales. Bien que le ministre n’ait pas avancé de chiffre concernant la Défense nationale, celle-ci bénéficiera certainement de l’allocation la plus importante. Vient ensuite la Santé, dont l’enveloppe budgétaire traditionnellement allouée va sans doute doubler. Les ministres du gouvernement Sifi doivent dès maintenant se préparer à trouver les meilleures solutions pour appliquer cette loi de finances pour l’année prochaine. Celle-ci sera largement débattue au Parlement, et les membres du gouvernement devront se montrer convaincants face aux députés de la chambre basse, puis devant les sénateurs du Conseil de la Nation. Cependant, il ne fait aucun doute que, dans ses grandes lignes, ce projet de loi de finances sera approuvé, après quoi le plus dur commencera. L’année 2027 ne sera pas facile sur le plan géopolitique, et l’Algérie ne sera pas épargnée. Il ne faut pas se bercer d’illusions : l’opinion publique doit être préparée à subir les contrecoups de ce qui se passera dans un monde désormais rempli d’incertitudes, où les menaces sont omniprésentes. Notre pays possède, fort heureusement, des ressources naturelles ainsi que des produits transformés industriellement grâce à la politique économique initiée par le président Tebboune. Ce potentiel lui évitera les déboires que connaîtront d’autres pays du bassin méditerranéen, lesquels, heureuse opportunité pour l’Algérie, solliciteront de plus en plus ses services et ses exportations
